Ph. de Commynes, Mémoires, éd. J. Calmette, III
RE
sur la rime deux et as !. I] l’imite également, quand il traite des redites, des ballades et des baguenaudes ?. Il fait même une erreur, à propos de la rime batelée. Molinet en avait donné une définition que Fabri a mal interprétée : 1l a cru que la rime batelée s'appliquait aux décasyllabes qui avaient une césure après la quatrième syllabe masculine et il décompose chaque vers batelé en deux petits vers.
Un autre traité anonyme, L'Art et science de Rhétorique *, qui se place vers 1525, reproduit presque entièrement l’œuvre de Molinet. L'auteur s’est contenté de la mettre à jour, en ajoutant quelques tailles nouvelles, Il écrit une quarantaine d'années après son modèle et expose les nouveautés introduites dans l’art de la versification. Il signale notamment
‘les tercets mis en honneur par Jean Lemaire, la règle de l'alternance des rimes masculines et féminines et l'interdiction de l'emploi d’une syllabe féminine à la césure, si elle n'est pas élidée. Le traité se termine par un long catalogue de rimes.
L'Art de Rhétorique est un opuscule important : il nous fait comprendre les caractères particuliers des poésies de Molinet et nous donne des indications utiles sur l'état de la versification vers
1. P. Fabri, Le grand et vrai art de pleine rhétorique, Second livre, éd. Héron, 91, 96 et 51 2. P. Fabri, op. cit., 22, 87-93 et 120.