‹ Jean Molinet: La Vie - Les ŒuvresChapitre 53 sur 157 · F. W. Bourdillon, op. cit, 147, 160 et · texte numérisé non relu

F. W. Bourdillon, op. cit, 147, 160 et

PTE

dillon s'est servi du texte de l'édition Vérard : la version du manuscrit de La Haye est différente. Molinet commente, après Jean de Meung, un passage d'Anistote ! ; il rapporte qu'un homme tombé malade eut la vue très affaiblie, mais, par la vertu des miroirs, il croyait voir se déplacer

devant lui sa propre figure (ch. 86, Mor.) :

Édition Vérard

Se nous voulons apparcevoir ce miracle a l'œil aupres de nous, sans le querir fort loings, regardons qui est celluy ou qui sont ceulx qui, par avoir sentu les tres angoisseux et fort poingnans esguillons de la guerre, ont esté fort debilitez de leur veue et puis reduys en telle convalescence qi ils voyent devant eulx leur face toute vive.

Long est la personne du tres victorieux et tres chrestien roy de France, Loys unziesme de ce nom :

c'est celluy qui, par les durs et terribles exploicts de guerre a esté comme a demy privé de sa noble lumiere, luy estant es tenebreuses, obscures et dangereuses prisons ou il fut detenu et maintenant, plus par grace de Dieu que par la faveur de fortune, il voyt devant ses yeulx la tres clere, vive face royale resplendre glorieusement, non en son royaume seulement, mais es longtaines nacions et provinces est son ymage empraincte en painctures, deniers d’or et sigilatures. Et se nous voulons avoir.

Manuscrit de La Haye

Se nous volons perchevoir ce miracle a l’œul auprez de nous, sans le quérir fort loingz, regardons qui est celui ou qui sont ceulx qui, par avoir sentu les tres angoisseux et fort poindans esguillons de la guerre, ont esté fort debilitez de leur veue et puis reduys en telle convalessence qu'ilz voyent devant eulx leur face toute vive. Ce ne sont pas les vieux testons savoyens, ne milanois, les galias ne les Marias, car jassoit ce qu'ilz ayent eu grand cours et soyent de bon argent, sy n'ont il esperit ne vie. Mais je ne scaroye trouver ce miracle plus vivement apparoir, qu'en la personne du tres victorieux et tres cristiien roy de France, Loys XI° de ce nom, c’est celuy qui, par les durs et terribles exploicts de guerre a esté comme a demy privé de sa noble lumiere, luy estant es tenebreuses, obscures et dangereuses prisons ou il fut detenu et maintenant, plus par la grace de Dieu que par la faveur de fortune, il voit devant ses yeux sa tres clere vive face royale resplendir glorieusement es fins harnois de Milan bien polis, son vray patrimone et legal heritage ; ce sont grans admiracions aux gens d’'estranges nations. Et se nous volons avoir.

Le texte de l'édition Vérard présente un passage inintelligible : Long est la personne. La leçon du ms. de La Haye, sans être limpide, est plus

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