‹ Jean Molinet: La Vie - Les ŒuvresChapitre 67 sur 157 · UC · texte numérisé non relu

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Philippes, son tres aimé et chier enfant. Dans les Chroniques, l'empereur Frédéric, le due Maximilien et l’archiduc Philippe le Beau rappellent la sainte Trinité (ch. 149). Plus tard, en 1501, Molinet applique le même symbole à l'empereur Maximilien, à son fils Philippe le Beau, à

son petit-fils Charles d'Autr:che, dans l'Arche ducalle, v. 25-32 :

Nostre empereur, qui le monde avironne, Soubz sa couronne, est le pere puissant

Et son chier filz est seconde personne

Qui hault resonne et germine et flouronne Et nous messonne ung fruict resplendissant ; Charles plaisant, esperit entendant,

Est procedant et du filz et du pere,

Affin que mieux la Trinité appere.

Si cette assimilation des princes à la divinité nous paraît aujourd'hui déplacée, nous sommes également indisposés par l'abus des personnifications Le Roman de la Rose a exercé une grande influence dans toute la fin du moyen âge : les abstractions personnifiées qui avaient fait le succès du vieux poème ont eu une innombrable postérité. Dans beaucoup d'œuvres du XV® siècle, apparaissent ces fantômes de la mythologie médiévale, êtres exsangues qui représentent différentes inclinations de l'âme ou diverses conditions de la société, des qualités morales ou même des attributs de la rhétorique. Le plus souvent ces personnages sont des dames, pour cette raison que la plupart des noms abstraits sont féminins. De plus, ces créations fugitives apparaissent d'ordinaire au poète endormi : rien de plus juste, au fond, puisqu'elles n’ont pas plus de réalité qu'un songe.

Suivant la tradition, Georges Chastellain a peuplé son œuvre de nombreuses abstractions. En particulier, dans l'Avertissement au duc Charles !, il feint que, bouleversé par la mort de son maître, Philippe le Bon, il tombe dans un profond sommeil. Bientôt il aperçoit, seul dans une chambre, le duc Charles, revêtu d’habits de deuil : maïs, prestement comme si ce eust esté fantommerie où chose d’illusion, me perchus de multitude de personnages qui droit là ngissoient… Avoient touttesfois tous et toutes sur eux tiltres et escripteaulx en divers lieux, par lesquels donnoient a congnoistre leurs noms et leur estre. Puis défilent une trentaine de per-

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