H. Walther, op. cit
2. L. Biadene, Carmina de mensibus di Bonvesin da La Riva, Studi di filologia romanza, IX, 1-130 ; cf. Romania, XXX, 597-602.
3. Ovide, Amores, I, 9, 1 ; cf. P. Lehmann, Pseudoantike Literatur des Mittelalters (Leipzig, 1927), 8.
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les agréments de la guerre, l’'amoureux célèbre les plaisirs de l’amour : tous deux font des équivoques obscènes sur des termes militaires,
Tousjours me souvient de la belle Et de son plaisant crennequin, De Î gouge a brune allumelle De sa dure et poindant mamelle Et de son fort tibaudequin…
Le Debat de l'aigle, du harenc et du lyon semble développer une controverse innocente, mais en y regardant de près, on découvre une allégorie politique : ce poème aurait pu figurer aussi dans les poésies de circonstance. L'aigle, en effet, est l’empereur Frédéric d'Autriche ; le hareng, le roi de France ; le lion, le duc de Bourgogne, Philippe le Bon. Il en est de même pour le Debat des trois nobles oiseaux, mais il ne s’agit pas là « d’une entrevue entre l'ambassadeur du roi, celui du pape et l’archiduc, au sujet de la paix » !. La réalité est tout autre : le papegay représente le pape ; le duc, Charles le Téméraire et le roitelet, Louis XI. Le pape intervient auprès des deux princes et leur conseille de faire la paix. La strophe suivante contient une allusion au séjour du dauphin
à Genappe, v. 25-32:
Le Duc.
Mes plumes ne t'ont riens cousté, Mais les tiennes me coustent chier :
Alors que tu fus rebouté
Du hault nid ou tu es monté, Quand tu ne scavois ou perchier, Tu te vins paistre et espluchier Dedens la grange de mon pere :
Descognoistre est grand vitupere.
Par les prouesses de la forme et l'originalité du fond, Molinet a rajeuni le genre du Débat. |
Les Miroirs sont un autre cadre usuel, où l’on fait entrer de longs développements didactiques et moraux. Là encore, le latin a précédé la langue vulgaire. Le Speculum peccatorum de saint Bernard est devenu,
1. P. Champion, Histoire poétique... 11, 394, 2. G. Doutrepont, La Littérature... 181, 234.
“De
dans une traduction, le Miroir des pecheurs et Jean Castel écrivit, en 1468, le Specule des pecheurs ‘. Le Speculum humanae salvationis fut également traduit : Jean Miélot en fit, en 1448, le Miroir de la Salvation humaine ? Le Speculum animae de Henri de Hesse suscita plusieurs Miroirs de ‘âme ; le Speculum Dominarum de Durand de Champagne fut surtout apprécié dans des adaptations françaises *. On se servit particulièrement de ce cadre, pour convaincre l’homme de sa misérable condition, en lui présentant l’image de la mort. Parmi les pièces de ce genre, on peut en citer une du XVE® siècle : Cy s'ensuit le Miroir des dames et damoïselles et l'exemple de tout le sexe femenin. Elle est illustrée, dans le manuscrit, d'une fine miniature représentant un cadavre placé devant un groupe de femmes aux somptueux atours. Voici la première strophe :
Mirez vous cy, dames et damoiselles, Mirez vous cy et regardez ma face ; Hélas ! pensez, se vous estes bien belles, Comment la mort toute beauté efface °
Georges Chastellain développe un thème analogue dans le Miroir de Mort. Après avoir montré ce que devient le corps humain, quand la vie l’a quitté, il se demande, après tant d’autres, ce que sont devenus les vaillants champions, les illustres héroïnes d'autrefois. I] conseille aux dames de laisser leurs atours, aux seigneurs de : renoncer à leurs plaisirs °. f
Molinet voulant donner la réplique à son maître composa le Miroir de Vie. I] voit d’abord en songe le Miroir de Mort dont l'aspect lui paraît hideux ; puis il est réconforté par le Miroir de Vie, création merveilleuse de Dieu, qui y a laissé sa douce image. S'adressant aux dames et aux