‹ Jean Molinet: La Vie - Les ŒuvresChapitre 77 sur 157 · Histoire Littéraire de la France, XXX · texte numérisé non relu

Histoire Littéraire de la France, XXX

4. Histoire Littéraire de la France, XXX, 311. Par la suite, il y eut beaucoup de poèmes intitulés Miroir des dames ; voir A. Piaget, Le Miroir aux Dames, Neuchâtel, 1908,

5. Bibl. nat., fr. 147, fol. 5 recto ; cf. W. Sœderhjelm, Le Miroir des dames et des ee Neuphilologische Mitteilungen, 1904, p. 29-35.

6. Georges Chastellain, Œuvres, VI, 49-65. Dans le ms. de la Bibl. nat., fr. 15216, fol. 105 verso, la pièce est attribuée faussement à Messire Philippe de Croy, comte de Chimay. Cette erreur est reproduite par P. Champion, Histoire poétique, 1, 214. On attribuait volontiers aux seigneurs de Croy, riches et puissants, des œuvres qu'ils n'avaient point écrites. E. Droz et C. Dalbanne, dans le Gutenberg Jahrbuch, 1928, p. 89-92, ont décrit une édition ancienne du Miroir de Mort (Bibl. nat., Rés. Ye 171).

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demoiselles et leur présentant l'exemple de sept matrones célèbres, il les invite à éviter le péché et à pratiquer la vertu. Les deux rhétoriqueurs emploient l'un des octosyllabes, l’autre des décasyllabes, mais la disposition des rimes dans la strophe est identique et les développements présentent parfois une curieuse analogie :

Miroir de Mort, v. 273 : Miroir de Vie, v. 289 : Il fault laissier vos haulx atours Demoiselles, qui souvent ramonnés Et vos robes a longue queue, De vos queuwes rues, chambres et salles Et vous fault oublier les tours Et grandes trecques de chambrieres avés, Que vous aprenez a ces cours, Mirés vos pieds et les examinés, Ou temps que vous faites la reue…. Comment ils sont tresors puanset salles.

Le Testament est un autre genre littéraire qui eut le plus zrand succès. C’est d'abord un animal qui est censé faire des legs amusants : dans la seconde moitié du XIVE siècle, apparaît une courte poésie latine intitulée : Testamentum domini asini'. Le Testament de la Mule Barbeau montre qu'à la fin du XV siècle, Henri Baude appréciait encore la même facétie. Puis, le poète fait connaître lui-même ses ultimes volontés : tantôt il garde le ton sérieux et c’est le cas pour le bailli d'Auxerre, Jear Régnier ; tantôt c'est un testament par esbatement, comme celui d'Eustache Deschamps ?, et nous avons alors une série de legs fantaisistes annonçant déjà François Villon, qui, par la profondeur de son émotion et la sincérité de ses accents, devait immortaliser le genre et susciter beaucoup d'imitations. De fait, les Testaments abondent à la fin du XVE siècle et même jusque vers le milieu du siècle suivant *.

Molinet ne pouvait manquer de céder au goût du temps. Il a écrit un Testament de la Guerre, d’un réalisme très savoureux, v. 97-112 :

Je laisse a mes houssepailliers Platte bourse et wides bouteilles, Aux paiges gros poux par milliers, Aux gros varlés fain aux entreilles, Aux lacquetz fiebvres non pareilles, Aux vieux routiers membres peris Et aux pillars poings et oreilles Atlacquiés aæ ces pilloris.

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