LES DERNIERS JOURS DE MORÉAS
M. Marcel Coulon est de ceux qui ont veillé la longue agonie de Moréas. Il ne l’a guère quitté depuis le jour où le poète fut transporté à la clinique, jusqu’à 1 heure de sa mort. Il a assisté à ses derniers moments et nous en a transmis le récit 1.
L’auteur ne nous cache pas. qu’il a hésité longtemps à publier son ouvrage. « Chaque fois, dit-il, que je me croyais décidé à le livrer, je songeais à ces vers des Stances :
Car je hais avant tout le stupide indiscret...
et je remettais le manuscrit dans son tiroir. »
C’est qu’il y avait peint Moréas au naturel, avec son franc-parler et ses brusques saillies, mais, puisque la fidélité était son principal souci, il eût considéré comme une manière de trahison, d’en atténuer la verdeur.