‹ Jean Nicolet et le Canada de son tempsChapitre 11 sur 14 · IO · texte numérisé non relu

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ner dans la vallée du Saint-I^aurent, pour rendre compte de son voyage, de ses obser* vations, de ses négociations, et il tenait à descendre en même temps que les sauva^^es, qni| dans quelques semaines, allaient partir pour la traite. Cela était d'autant plus nécessaire que les Iroquois commençaient à se remuer, et qu'il eût été dangereux de s'aventurer seul dans des routes infestées peut-être déjà par ces ennemis.

De même que le P. Allouez, trente-cinq ans plus tard, rendu, lui aussi, aux Mascoutins et, comme il le dit lui-même, " à six jours seulement de navigation du Mississipi," ne voulut pas prolonger son voyage, uniquement par obéissance à son supérieur, qui le rappelait au Sault-Sainte-Marie(i) ; de même Nicolet, dans le désir de rendre compte le plus tôt possible à Champlain de son expédition, renonça à pousser sa route jusqu'à cette mer, les grandes eaux^ dont parlaient les sauvages ; il renonça à visiter ces peuples dont on lui avait aussi parlé, qui venaient de bien loin commercer avec les Ouînipigons, et qui ti*étaient autres que les Sioux, lesquels appartenaient, comme les Ouinipigons, à la race des Dakotas.

(i) ReL desjés., 1670, p. 99*

Après avoir remonté en grande partie le cours de la rivière aux Renards, il rebroussa donc chemin et retourna aux Ouinipigons, laissant à JoUiet et à Marquette Phonneur de faire trente*liuit ans plus tard (1675) "trois jours de navigation " qui le séparaient encore de la rivière Wisconsin, de franchir, le canot sur leurs épaules, l'étroit passage de la hauteur des terres, de dire adieu " aux eaux qui vont jusqu'à Québec," puis de voguer sur celles du Wisconsin et de la giande rivière Mississipi '0.

A chacun sa gloire : celle de Nicolet, son mérite, ses succès sont déjà immenses :

" Il avait, dit Butterfield, créé des amis pour ses compatriotes du Saint-Laurent dans le lointain nord-ouest ; il avait attaché à la France des nations sauvages, dont quelquesunes n'étaient encore connues que de nom, dont aucune n'avait encore été visitée par un Européen ; il avait été le premier à découvrir le lac Michigan, et il avait pénétré hardiment dans ttne contrée sauvage, à quelques centaines de lieues du pays des Hurons, qui était alors

(i) Us quittèrent les Mascoutins le 10 juin 1673, et entrèrent le 17 dans le Mistlssipl : *' Nons entrons heu» rensement dans Miastasipî le x7 juin, écrit le P. Marquette» avec une joie que je ne puis exprimer.**

VUlHma Tlkule des pays connus dans TÂmé»

rique du Noid (ï)."

Le retour de Nicolet au Canada eut lieu sans aucun incident digne de remarque. Le P« Vimont, avec un laconisme qui rappelle

celui de l'évangile, ccrit tout simplement ;

" Il retourna aux Hurons, et de ' là à quelque temps aux Trois-Rivières, où il con* tinua sa charge de commis et interprète, à la grande satisfaction des Français et des Sauvages."

(i) Disœvery o/ the North- West^ p. 72,

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