‹ Jean-Paul Marat (volume 2)Chapitre 11 sur 41 · DÉCOUVERTES SUR LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES SUR LA LUMIÈRE

Nous avons pu constater, d'après la lettre de Marat à M. le comte de Maillebois, qu'il ne s'agissait de rien moins, dans les Découvertes sur la Lumière, que d'ébranler la réputation du savant Newton , par lequel juraient les académiciens du monde entier. Aussi, sept mois furent-ils employés à constater les expériences de Marat sur la Lumière, trois mois à en rédiger le rapport et cinq mois à le solliciter. Le résultat fut un déni de justice -, Marat s'y était attendu ; car, admettre

(1) Voir aux Documents justificatifs , n° 4, le n° i3 de cette correspondance académique.

la vérité de ses expériences , c'était reconnaître euxmêmes que MM. les Académiciens avaient travaillé quarante ans sur de faux principes.

La publication des Recherches sur la Lumière, 1780, mit le comble à la persécution académique contre Marat ; car , pour être clandestine , elle n'en était pas moins efficace : on en jugera par les pièces que nous produirons à l'appui.

Aux Documents justificatifs, n° 4, pièce n° 3o , le lecteur trouvera complètement développée cette noire intrigue académique , qui fit substituer à un rapport de 45 pages in-octavo , manuscrites , le semblant de rapport officiel qui parut en quelques phrases.

Mais voici maintenant , écrit Marat , des détails que je tiens de bonne part :

a Un seigneur de beaucoup d'esprit , à qui je n'avais pas laissé ignorer cette transaction académique, ayant un jour à dîner l'académicien qui avait été chargé de mon rapport , entreprit d'en arracher l'aveu de la vérité. Comment est-il possible, dit-il à M. Le Roy, qu'un académicien tel que vous se soit oublié jusqu'à faire un rapport aussi ridicule que celui qui est à la tête des Découvertes de M. Marat ? Si vous ne vouliez pas rendre justice à l'auteur , encore ne fallait-il pas apprêter à rire à vos dépens par un galimathias en style barbare qu'un maître d'école aurait honte d'avouer.

« — Que voulez-vous , répondit M. Le Roy , ce n'est pas ma faute \ j'avais fait un rapport de 45 pages in-octavo , où je m'étais piqué de faire connaître le travail de M. Marat , mais à chaque énoncé que je faisais d'une expérience contraire au système de Newton, les géomètres me donnaient un démenti et nous soutenaient en face , à mon confrère et à moi , que nous

n'avions pas vu le fait que nous attestions ; nous avions beau insister, ils nous répondaient : — Cela est impossible, nous avons fait nos calculs. — A force de crier , ils nous ont forcé au silence. Enfin , l'Académie subjuguée par le parti le plus fort, m'a tenu l'épée dans les reins pour bâcler à la hâte le rapport dont vous me faites des reproches. »

Ainsi , point d'exception : tout ce qui choque les idées reçues trouve à l'Académie, comme partout, une . infranchissable barrière.

Voici enfin , après deux années d'un travail presque surhumain , si on tient compte des occupations du médecin , voici enfin le troisième et dernier sujet du mémoire complexe de 1779. Il est intitulé :

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