N« II
A Berlin, le 19 février 1779.
' Je serais honteux, Monsieur, de n'avoir pas répondu plus tôt à votre obligeante lettre du 6 décembre dernier, si cela venait de quelque négligence de ma part, mais cette lettre ne m'est parvenue que le 21, et l'Académie entrait alors dans les féeries de Noël. A la première assemblée de 1779, j'ai lu votre lettre et remis votre Mémoire pour l'examen duquel l'Académie a nommé des commissaires. Ils ont fait leur rapport suivant lequel vos recherches sont très-estimables, et a y a tout lieu de croire quen les continuant vous procurerez des accroissements
4o8 DOCUMENT N° 4.
aux sciences dont vous faites votre objet. Le célèbre Stahl a déjà mis sur la voie par rapport à vos idées sur la nature du feu, et l'on a d'ailleurs des preuves connues de la différence entre le feu et l'air. Je suis chargé, M., de vous remercier de la part de l'Académie de votre attention pour elle, et de la confiance que vous lui témoignez. Elle serait charmée de trouver les occasions de vous témoigner sa considération distinguée. C'est avec les mêmes sentiments que j'ai l'honneur d'être
Votre t. h. et t. obéissant serviteur.
(Signé) FoRMEY,
Conseiller privé du Roy, Secrétaire perpétuel de V Académie.
Déclaration de M. le chevalier De Champ , à l'égard de M. Marat.
Du 28 nov. 1783.
Par devant les Conseillers du Roy, notaires à Paris, soussigné.
Fut présent M. J" Claude De Champ, chevalier seigneur, comte de Champ et de TEmpire , seigneur de la Fraidière , demeurant à Paris, rue du Cherche-Midi, paroisse St-Sulpice.
Lequel a déclaré qu'étant requis par M. Jean-Paul Marat, docteur en médecine et médecin des Gardes-du-Corps de Monseigneur le comte d'Artois, frère du Roy, de lui donner acte du dépôt qu'il a fait de se rendre à l'invitation d'une des premières Académies de l'Europe , dont ledit sieur comte De Champ lui avait fait la proposition, a dit, attesté et certifié qu'en 1781 il fut chargé par une des premières Académies de l'Europe de témoigner à M. Marat le désir qu'elle avait de le voir au nombre de ses membres, sans cependant la compromettre en la nommant en cas de refus ; que M. Marat, sur cette invitation, avait répondu qu'il était extrêmement sensible aux marques de considérations particulières que lui voulait bien donner l'illustre Compagnie au nom de laquelle il parlait, qu'il la suppliait de ne pas prendre en mauvaise part
son refus, mais que pour conserver une entière liberté, il s'était promis jusqu'alors de n'appartenir à aucune Société scientifique. Témoignage que mon dit M. le comte De Champ atteste et proteste être exactement conforme à la vérité.
Dont acte, fait et passé à Paris, Tan lySj et le 28 novembre.
(Signé) Le comte De Champ,
Comte de l'Empire , etc.