‹ Jean-Paul MaratChapitre 21 sur 30 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

d'un Mouchard, à l'Administration de police.

Lettre autographe d'un nommé Boissimene, à M. Perron, administrateur de police de la Municipalité de Paris. — 6 février lygi'

(4 pages petit in-4°.)

Résumé. — Il promet de faire découvrir la demeure de Marat. — « Voilà mon moyen. Le sieur Marat s est logé chez un de ses amis,, à qui il a dit : Je sais que tu peux livrer ma tête, et quelle te serait payée cher, mais j'ai coîifiance en ton désintéressement. Il s'est de suite enfermé, mange seul; il a toujours une langue fourrée, du pain et de l'eau. Son hôte est employé à la Ville, et est son seul confident. Il va chercher les notes chez ses partisans, il porte le manuscrit chez l'imprimeur. Mais ce même hôte, que je ne connais pas, a un ami que j'ai accaparé, à qui il conte à peu près tout. J ai hier tenu cet homme toute la journée, et j'ai cherché, avec tout le ménagement

possible à avoir la demeure. Je l'ai pressenti sur les avantages pécuniaires. J'ai vu avec plaisir qu'il écoutait ^ et enfin il a conclu en me disant que si le dépôt était en main sûre , je pourrais vous procurer un manuscrit sortant de la fabrique et la demeure. Je ne me suis point hasardé, et vous rends avec infiniment de confiance ce qui en est. » Quant à l'auteur de la lettre, il est le plus malheureux de Paris, M^^^ de Gramont , son épouse , lui avait apporté 40,000 fr. de rente, mais il a tout perdu à la suite d'un procès au Parlement de Dbuai. Après quarante-huit ans de service comme officier, il est réduit à une pension de 600 fr. ; sa femme et ses deux filles gagnent i fr. lo sous par jour à la broderie, te Je veux bien , ajoute-t-il , me livrer à l observation , pourvu que je n'aie affaire qu'à vous... Mon zèle ne sera pas infructueux ; vous voudrez bien régler mon traitement si cela vous convient... »

( Extrait des Documents autographes et historiques sur la Révolution française.— Catalogue Charavay, 1862, page 254. )

DOCUMENTS JUSTIFICATIFS

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