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mée la Raison... par une procédure nulle, de toute nullité, aurait attribué au dit cœur la charge de recevoir le chyle, appartenant ci-devant au foie... la Coùûr ordonne au chyle d’aller droit au foie sans plus passer par le cœur et au foie de le recevoir, fait défense au sang d'être plus vagabond, errer et circuler dans le corps, sous peine d’être entièrement livré et abandonné à la Faculté de Médecine. » Après de tels coups portés aux opinions classiques, pour continuer à parler le jargon de justice, la cause était entendue.
La médecine fut-elle bouleversée par la découverte de Pecquet ‘ — Un dernier point retiendra notre attention. On raconte que Pecquet ayant fait l'exposé de ses travaux devant les pro-
fesseurs de Montpellier, l’un d'eux convaincu s’écria :
douloureusement : « Quid de nostra fiet medicina ? » Que va devenir notre médecine ? Eh bien, ses
craintes et celles de Riolan étaient vaines. Si les’
découvertes d'Harvey et de Pecquet bouleversèrent les notions anatomiques et physiologiques de l’époque elles n’agirent pas de même sur la pathologie. D'abord, Pecquet, non sans raison, défendait ses découvertes du reproche de tout bouleverser en médecine. La bile résultait d’une épuration du sang et non du chyle ; mais c’est toujours Le foie qui était chargé de cette fonction. Gui-Patin, porte-parole des praticiens, écrivait à Ch. Spon le 1° mai 1654 : « Tout le fait de Pecquet est une nouveauté que je
élit
suis tout près de croire lorsqu'elle aura été bien prouvée et qu’elle apportera de la commodité et de l'utilité ën morborum curatione ; quo excepto, je n’en ai que faire » et le 26 mai 1655 « Dès que celle opinion nous fera du profit et qu’elle aura quelque bon usage, in operibus artis, je l'embrasserai très cordialement et en saurai grand gré à son inventeur. »
Bartholin avait bien tenté d’édifier une nouvelle pathologie sur les découvertes de Pecquet et les siennes, mais en vain. Dorénavant, on parla moins d'humeurs peccantes, on parla plus de sang vicié.
D'ailleurs, sous l'influence prépondérante et excessive de Descartes, la science biologique, et comme conséquence la médecine, en France, s’engageait dans la voie des hypothèses insuffisamment appuyées sur des expériences certaines.
Î. Lucy A