‹ Jean PecquetChapitre 8 sur 14 · partie de cette Chambre Royale des médecins de · texte numérisé non relu

partie de cette Chambre Royale des médecins de

province exerçant à Paris, fondée par Saint-Germain en 1672, dissoute en 1673. Une illustre cliente; par sa correspondance, permet de lesuivre pendant quelques années : c’est Mme de Sévigné, l’amie fidèle de Fouquet. Le 15 mars 1651, elle écrit à Mme de Grignan : « Le petit Pecquet était au chevet de mon Hit pour un épouvantable rhume qui sera passé quand vous recevrez celte lettre. Nous par-

lions de vous. » Il ést bon de noter que le « petit Pecquet » avait alors 49 ans et la marquise 45. C'est lui qui, en 1690, avait délivré Mme de Grignan, qui avait accouché un peu vite, en l'absence de la Robinetle, sa sage-femme. Par lui est choisie la nouvelle nourrice. En avril 1691, il soigne les indispositions du nourrisson. On n'hésite pas à lui confier la « restauration » du fils de Mme de Sévigné qui, en rendezvous galant, s'était trouvé inférieur à sa bonne fortune.

Le 11 avril 1691, « Ecrivez quelque amitié à Pecquet ; il a eu des soins extrêmes de ma petite-fille » écrit la marquise. En décembre de la même année : «J’ai envoyé quérir Pecquet pour discourir de la pelite vérole de votre enfant ; il en est épouvanté, mais il admire sa force d’avoir pu chasser ce venin et croit qu'elle vivra cent ans après avoir si bien commencé». Enfin, en juillet 1672: « l'enfant a une très jolie petite vérole volante dont elle n’a point été du tout malade ; ce que le petit Pecquet a traité en

deux visites aurait été un grand embarras si elle

avail été à Livry. »

La fin de sa vie. — A partir de ce moment,

on ne sait rien de précis sur Esque jusqu’à sa

mort en février 1674.

Un acte du 31 décembre 1670 dou qu jl est propriétaire d’une maison estimée 26.000 livres, sise rue de la Huchette à Paris. Enfin, M. de Marville

ajoute à la physionomie du personnage un trait peu -

fit RUE

flatteur : « Depuis Ja disgrâce de Fouquet, m'étant retiré en province, je n’entendis plus parler de lui jusqu’en 1650, où je le rencontrai chez un de mes amis à la campagne. Quand je ne l'aurais pas reconnu à l’air de son visage, son haleine me l’aurait

fait sentir à cause de la méchante habitude qu'il

avait de boire de l’eau-de-vie. Il en conseillait l’usage à tous ses amis coname un remède à tous les maux ; mais l’eau-de-vie fut pour lui une eau de mort, elle lui brûla les entrailles et lui avanca ses jours qu’il aurait pu employer utilement au service du public. » Le trait manque de bienveillance, bien que ce fût déjà un mérite d'avoir apprécié le rôle de l’alcool en thérapeutique. Cependant, il est permis de se demander s’il n’y avait pas dans ce propos une bonne part d’exagération. Toujours -est-il qu'il a été religieusement repris par tous les historiens de la médecine sous le grand Roi. L'un d’eux, citant de Marville : « Comme si on ne pouvait jamais être entièrement heureux chez les grands, son cheval (de Pecquet) s'étant abattu sous lui dans les rues de Paris, il eut la jambe cassée», en conclut que Pecquet

faisait un tel abus des liqueurs qu'il ne pouvait en-

fourcher sa monture.

Cette conclusion est peut-être bien erronée et, le témoignage de De Marville (pseudonyme du père Bonaventure d’Argonne) étant le seul que nous possédions à ce sujet, Pecquet doit au moins bénéficier

- d'un doute sur ce point. Quoi qu'ilen soit, l'œuvre de l’illustre Pecquet, ainsi qu'on l’appela jusqu’à sa

mort, devait au moins en partie lui survivre. Il nous faut maintenant l’exposer et lui donner la place qu'elle mérite dans la rénovation des sciences anatomo- “physiologiques au xvii' siècle.

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