‹ Jean Petitot et Jaques BordierChapitre 3 sur 25 · IO · texte numérisé non relu

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mise en scène de ce genre de spectacles, y présida, en 1693, à Tabjuration, sous la croix, du ministre Isaac Papin, le neveu de Denis, l'illustre inventeur et physicien de Blois. Le Régent, Philippe d'Orléans, faisait chaque année une retraite à la maison conventuelle de rOratoire, pour y procéder à la cérémonie, toujours délicate, de ses Pâques, puisqu'il était libertin par la pensée aussi bien que les mœurs. La Congrégation a compté parmi ses membres d'éloquents prédicateurs, tels que Mascaron et Massillon, de solides et loyaux érudits, tels que Richard, Simon, Mabillon, Daunou, et aussi des politiciens, tels que Fouché, duc d'Otrante. Sous les voûtes qui ont autrefois entendu la langue classique du X'VII"'^ siècle, ont retenti des accents aussi puissants et aussi purs, mais plus évangéliques, avec Athanase Coquerel et Adolphe Monod. Au chevet du temple s'élève aujourd'hui, grâce à une souscription nationale, la statue de Gaspard de Coligny, le grand amiral, tombé à quelque pas de là, sous les balles des assassins.

II a été doux à notre cœur, en un temps aussi oublieux que le nôtre, -d'évoquer ces glorieux souvenirs de notre passé évangélique. Nul ne les recueillait avec une aussi intelligente piété et

ne les possédait avec une plus scrupuleuse exactitude qu'un descendant de Jacques Bordier, Henri Bordier, le docte biographe des Huguenots dans la deuxième édition de la Franco Protestante, qui siégea de 1882 à 1888 au Conseil Presbytéral de la paroisse de 1 Oratoire.

§\-^<^bS revenons à Petitot après un détour un S$^!y P^'-* ^^^Ki ^^ ^^^ vrai, mais accompli à travers une région qui lui était absolument sympathique. L'arrêt de Révocation, en abolissant la liberté de conscience, lui enlevait un bien plus précieux que la vie. Le chai^rin et la maladie assombrissaient sa vieillesse. Gomme le faisaient déjà et comme le font encore plusieurs Genevois établis des leur jeunesse à l'étranger, il aurait voulu passer ses dernières années à l'ombre des clochers de Saint-Pierre et y jouir, au sein de sa nombreuse famille, de la modeste aisance amassée par son habile et laborieux pinceau. Malheureusement son titre et ses fonctions otliciclles le retenaient au Louvre, dont il ne pouvait partir sans l'autorisation expresse du monarque. Louis XI\\ auquel répugnait tnut

changement dans son entourage, vit dans la requête, pourtant si compréhensible, de son fidèle serviteur, la marque d'une choquante ingratitude. Il aurait trouvé étrange, d'après le témoignage même de Petitot, que l'artiste genevois voulût, seul parmi ses sujets, s'affranchir d'une obligation des plus honorables et dont une longue habitude devait lui faciliter l'accomplissement. L'insistance, apportée par le peintre octogénaire dans ses démarches, n'aboutit qu'à le faire emprisonner au Fort l'Evêque. Il se vit également rayé sur la liste des membres de l'Académie Royale.

A peine Petitot avait-il été installé dans sa geôle, qu'il reçut la visite de Bossuet, très ardent dans la lutte contre Thérésie et très désireux d'opérer d'abondantes conversions parmi les adeptes de la religion prétendue réformée, afin de consolider son crédit à la cour et d'établir la légitimité de la Révocation. Au reste tous les prélats agirent de même, comme M"" Douen l'a montré, à propos des Protestants du Poitou et de la Saintonge, pour celui que ses admirateurs se plaisent à nommer le doux et tolérant Fénelon. Le peintre octogénaire ne se laissa ébranler ni par les arguments ni par les menaces de son impérieux interlocuteur, mais ses

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