‹ Jean Poltrot, seigneur de Méré, meurtrier de M. de Guise, 1563Chapitre 17 sur 43 · Lettre de l'évesqae de Riez... {Ihid., p · texte numérisé non relu

Lettre de l'évesqae de Riez... {Ihid., p

fOLTROT DE MÉRÉ. MKLRTRIER DE M. DE (.LISE 21

bois, les soldats aperçurent, presque cachée dans ce bois, la maison dun paysan. L'un d'eux eut l'idée daller y demander à boire. Ils Y entrent tous et y trouvent un homme en train de manger. Cet homme est de taille moyenne, mais fortement découplé et bien pris ; il n'a pas de barbe, a le front haut, les yeux petits, le nez mal formé, le visage large, les traits gros ', le teint basané, le poil noir '-. A l'entrée des soldats, il a un moment de trouble qu'il ne peut réprimer, puis, se ressaisissant, leur olîre à boire. Ils lui demandent ce qu'il fait là. Il leur répond qu'il s'est arrêté un peu dans cette maison pour se refaire, et qu'il a le projet de se rendre dans une Trappe pour y faire son salut. Ces dires paraissant étranges aux soldats ; ils interrogent le propriétaire de la maison sur son hôte, lui demandent s'il a un cheval, de quel poil, avec quel harnois, et les réponses de cet homme s'accordant tout à fait avec les quelques détails que l'on a sur la monture et l'équipement du meurtrier, les quatre soldats s'emparent de sa personne et l'emmènent aux Vaslms où ils arrivent à la nuit seulement \

Certains récits rapportent qu'aussitôt arrêté, le prisonnier avoua son nom et son crime et cpi'il oITrit de l'argent à ceux qui l'avaient fait captif '*. Il n'eût pu dans tous les cas leur donner ce qui venait d être promis par la cour : (( 3.000 écus à quiconque rendra mort ou vif le traitre, 1.000 écus à qui le nommera - ». Mais ces aveux et ces olfres semblent des détails controuvés.

Un fait certain, c'est qu'aussitôt qu'il fut arrivé aux \'aslins, il n'y eut plus aucun doute sur sa personnalité. Jean Le Seurre ne devait plus être avec les soldats lors de la capture, sans ({uoi il l'eût facilement reconnu. Beaucoup, et Brantôme entres autres, 1 identifièrent, en effet, tout de suite avec un certain Poltrot de Méré, familier depuis peu de temps delà maison du duc, qui, le jeudi matin, l'avait accompagné des ^"aslins au Portereau, était revenu par Olivet dans l'aprèsmidi, et que M. de Crenay put reconnaître pour celui qui, le jeudi soir, à six heures, s'était informé de l'heure du retour du duc auChàtelet. Mais était-il l'assassin?

1. Lclti'c de .1. Alvarotto (H. Kontana, Itenata di Fruiicia, p. 81).

2. Histoire ecclésiastique, éd. Haum cl (>unitz, ls82, t. II, p. 400.

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