lnd., p. ii'-'iiS
2. MoxDON, iVo<es /ii.s<or;V/uc'.s sur In haronnie de Marlhoii en Aniioiiinois. Aii^oiiléme, 1895, p. 129 cl siu\ .
3. F. Marvaui), Répertoire nrchéoloç/ique du départemenl de la (Charente • Bullelin de la Société historique de la (Charente. 3» série, t. H', 1862, p. 258).
1. .\vcu et 1 îi j n'iremout d«-i di)ni'\iii2s de Jose])li-Henry dEsparbés de laissan marquis d'Aubeleire, 11 août 1769, deuxième rôle v" Archives nationales. Q' HT.
5. Ce rcuseij;;nemenl m'a été foiirui par M. le docteur Gaillai'dou. dWubeterre, (jtie je suis lieureux de remcrcior ici de rinU'rèt (|ii"il a si aimalilcmeul %i)ulu prendre à uu-s recherches.
26 PIEKRE DE VAISSIÈKE
problème que les savants érudits locaux, qui m'ont fourni tous les éléments de cette petite discussion, n'ont pu trancher et qu'une heureuse découverte peut seule permettre d'élucider un jour. Du moins, peut-on croire jusqu'à nouvel ordre que c'est bien de la paroisse de Nabinaud et des environs d'Aubeterre que Poltrot était originaire.
On sait approximativement son âge, car il déclara lui-même, en lo63, être âgé de vingt-six ans ou environ; et les textes sont à peu près d'accord sur son aspect physique que j'ai déjà décrit d'après eux et qui répond assez bien au portrait supposé que l'on a conservé de lui, au détail près d'une très courte barbiche que lui a attribuée l'artiste. Si ce portrait — un crayon — , qui appartient aujourd'hui à M. Jean Masson, d'Amiens, est authentique, ce doit être celui qui était conservé dans le « cabinet » de Marie-Françoise d'Orléans- Longueville, princesse de Gondé, morte en 1601, dont Pierre de Lestoile possédait une copie qu'il montrait avec orgueil aux visiteurs de son cabinet, et qu'« une gouttière luigasta ». Dans ce portrait, Poltrot porte bien, dans tous les cas, au front, comme le dit Lestoile, « la résolution d'un homme déterminé à faire quelque dangereux coup ^) ^.
Jusqu'à son crime, cet homme avait mené la vie la plus aventureuse. Il avait été « nourri et élevé page en la maison de François Bouchard, seigneur d'Aubeterre )>, et, dès son jeune âge « estant allé en Espagne, en avoit tellement appris le langage, qu'avec la taille et la couleur dont il estoit, on leùt pris pour un Espagnol naturel » "^ Avait-il fait ce voyage en compagnie de M. d'Aubeterre, comme le prétend un historien, sans dire d'ailleurs où il a pris ce renseignement^? Je ne sais. En revanche, Poltrot lui-même déclara « avoir été bon soldat aux camps de Picardie et à Saint- Quentin », y avoir servi sous « M. d'Aumale, qui avoit grande connaissance de lui » et un de ses anciens chefs, Jean de Pas, seigneur de Feuquières, gouverneur de Roye, confirma l'avoir connu en effet « homme d'exécution et d'entreprinse » pendant la campagne de loS7, et l'avoir souvent employé alors, (( à raison de sa connais-
1. P. DE i/EsToii.E, JonrnuL éd. Brunct, t. IX, p. 19, 129-130; t. X. p. 199.
2. Ilislnirc ecclési;isl itjiie.... éd. Haiim et Cuiiitz. (. II, p. 100.
3. Seconde déclanilionde Colitjmi nu sujet de PoUrot de Méré Mémoires de Condé' t. IV. p. 313).
sance delà langue espagnole et de ses façons à descouvrir lintention des ennemis, en se meslant parmi les Espagnols, dont il acquit le surnom d'Espagnolet » '. Fut-il fait prisonnier à Saint-(^uentin, la chose est plus douteuse, et il nest pas possible de dire non plus, à cause du texte assez amphibologique de Brantôme, s'il avait émigré, en loo9. à Genève, avec François Bouchard, vicomte d'Aubeterre lorsque celui-ci « y vivoit de son mestier de faiseur de boutons » et y préparait la conjuration d'Amboise '-.
Quoi qu'il en soit, les deux hommes étaient certainement à Paris à la fin de 1561, au moment du colloque de Poissy. A cette époque, Poltrot fréquentait au « presche de la Cerisaye », et il ne sortit de la ville avec son protecteur qu'au début des troubles, au commencement de 1562. A partir de ce moment, sa vie nous est mieux connue, soit par ses interrogatoires, soit par les Mémoires de M. de Soubise qui, il faut le reconnaître, concordent assez bien Ikdessus.
Ayant quitté Paris avec M. d'Aubeterre, vers le mois de mars 1562, Poltrot se rendit en sa compagnie à Soubise, où il se trouva au moment de Pâques, « pour faire la cène ». Jean de Parthenay- Larchevesque, seigneur de Soubise, beau-frère de M. d'Aubeterre, était alors à Orléans. La première guerre civile était sur le point d'éclater. « Pour ce qu'il estoit fort brave soldat », M""^ de Soubise confia à Poltrot la charge « de mener ses grands chevaux et son équipage de guerre » à son mari, et, parti avec les troupes de Saintonge qu'amenait aux chefs protestants Saint-Martin-de-la-Couldre, Poltrot s'acquitta parfaitement de cette première mission ■''. Si bien que M. de Soubise, ayant reçu ordre de se rendre à Lyon dont les protestants venaient de s'emparer, il admit Poltrot au nombre des « quarante chevaux » qu'il emmena seulement ;ivec lui et rpii firent, conduits par lui, ce hasardeux et merveilleux voyage d'Orléans à Lyon, en plein pays catholique, à travers la Bourgogne et les montagnes du Forez, « ne passant en une paroisse que le tocsin ne sonnât sur eux, et que le peuple ne mit des charrettes au travers
1. Histoire ecclésiastique, toc. cil. — Première dëclanilioii de (lolicjny ;tn sujet de Poltrot de Méré (Mémoires de (Jondé. t. IX . p. 287 -.