lÎRANTOME, t. IV. p
3. Mémoires de lu vie de Jehan Lurchecesque. seiqneur de Soul)ise, publiés dans le Bulletin de la Société du proleslanlisme francnis. I«"l,p. 100.
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des rues pour les empescher de passer», « contraints, dès lors, de faire repaistre leurs chevaux dehors, les tenans par la bride, pour n'entrer aux villages», et «pour se reculer des grands chemins, passant la nuit par les montagnes, où ordinairement ils oyoient les torrents bien bas au dessous de leurs pieds, car ils alloient nuit et jour et passoient par des précipices que leurs guides leur disoient le lendemain que, s'il eust esté jour, ils n'y eussent osé aller à pied ». Il est même raconté que, dans cette équipée. Poltrot se distingua particulièrement. Car à Digoin, comme le bailli d'Autun voulait arrêter Soubise et que ses cavaliers allaient grand trot pour éviter la rencontre, «un cheval s'estant delFeré tout à plat, Poltrot demanda incontinent la charge de demeurer là pour le faire referrer, et là-dessus arriva le bailli d'Autun, lequel se doubtant qu'il fust de ceste troupe, l'enquist fort pour essayer de tirer de luy ce qu'il pourroit. Mais Merey luy dit qu'il s'estoit trouvé là par hasard et qu'il avoit eu bien de la peine à se deffaire d'eux, ce qu'il avoit fait au passage de l'eau à grande difficulté, dont il est oit fort aise, pour ce que c'estoient des diables d'hommes. Avec tous ces langages, il luy vouloit bien faire entendre que c'estoient de braves hommes à ce qu'il songeast premier que de les attaquer et enfin l'estourdit tant de parolles qu'il ne sceut jamais rien apprendre de luy ». Et tout le long du voyage, d'ailleurs, « quand il y avoit quelque commission rugueuse à faire, il la couroit faire, estant homme qui n'avoit nulle appréhension » '. Le 19 juillet 1562, il entrait pourtant sain et sauf à Lyon avec ses compagnons.
Dès ce moment, Poltrot, avec une réputation de hardi et décidé compagnon, s'était fait aussi un renom d'énergumène. Nourrissant contre le duc de Guise une haine qu'il prétendait dater de « l'entreprise d'Amboise », il ne cessait de se répandre en menaces de mort contre lui. Plus tard, il déclara que telles idées lui avaient été suggérées pour la première fois à Orléans par MM. de Feuquières et Brion. qui l'avaient dès ce moment abouché avec l'amiral de Coligny, lequel n'avait répondu ni oui, ni non, et il ajouta qu'à deux reprises il avait entretenu M. de Soubise de ses projets -. A vrai dire, dès son arrivée à Lyon, il ne les cacha pas. « Faisant estât d'aller ordi-