Lettre de Véiesifue de liiez loc. cit., p. IS
remercie. Vous ne pouviez m'annoncer chose qui me fust plus agréable que de m'inviter à prendre les remèdes ordonnez de TEglise, pour avoir vie et salut là-sus avecques Dieu K » Et, après « avoir esté quelques instants en cogitation », il fit appeler l'évêque de Riez, (( n'estans lors avecques luy que ledit cardinal, son frère et M. de Rostaing, et adressant sa parolle audict évesque il luy dit qu'il avoit délibéré de faire trois choses : premièrement de remémorer ses fautes passées, pour se réconcilier avecques son Dieu, les dire en confession particulière à son aumosnier, et déclarer par une confession publique devant tous ce qu'il pensoit devoir venir à nostre congnoissance ; secondement de se présenter au saint sacrement de l'Eucharistie, invoquer la faveur divine en son secours pour lui faire la grâce de le pouvoir dignement recevoir ; et finablement, après qu'il auroit deschargé son esprit du faix de sa conscience, pourvoir à ses affaires domestiques et faire son testament ». « Et sur ce propos, ajoute l'évêque de Riez, qui nous rapporte ces détails, il se mit à parler de Dieu, du sacrement du corps de Jésus-Christ et de la seureté de ses promesses, si sainctement qu'il ne laissoit aucun lieu à nous qui estions présens, de luy pouvoir dire autre chose pour son édification qu'il ne se la dist soy-mesme, de sorte que nous n'avions pas tant à faire à le conseiller qu'à lui conforter ses bonnes intentions ~. »
Après s'être confessé à son aumônier, maître Nicole de Chantereine, le blessé « se remit à faire dévotes prières à Dieu et continua ainsi jusques environ la minuit ». A cette heure, on prépara un autel pour célébrer la messe devant lui, (( qu'il ouït avec grande dévotion». Puis le sacrifice achevé, « il fit tourner le prêtre devers luy », et, priant Madame de Guise et son fils d'approcher, il leur adressa ses suprêmes recommandations '.
Lancelot de Carie, évêque de Riez, dont j'ai plusieurs fois prononcé le nom, nous a transmis le texte de ces recommandations; mais j'avoue avoir assez peu de confiance dans ces amplifications déclamatoires qui apparaissent bien invraisemblables et d'une
1. Le siiinl el piloi/able discours comme ce bon prince Françoys de Lorraine, duc de Guise se disposa ;i recevoir le Sainl-Sacremenl de iautel... (Archives curieuses, t. V, p. 201-202).