Ihid., p. 2nf
.5. .\rièt(lu parlement de Paris poitanl coiulanination de mort eonlre Jean Pollrol (CiMBKK et Dan-iot, .Archives ciirieii.'tes. I''' série, t. ^', p. 205-206 .
4. Ces trois interrogatuii-cs sont i)ubliés dans V Histoire ecclésiasli(iue. édition Bauni et Cunitz, 1881, t. I, p. 100 et suivantes.
46 PIËRÎIE DE VAISSIÉRE
avide de se repaître des cris de douleur du condamné et de la vue de son supplice *. »
« Sur Téchafaud, Poltrol montra une g-rande fermeté. Son regard assuré défiait la foule et fouillait les rues voisines. » Etait-ce, comme le dit encore Chantonnay, « pour chercher le secours que le maréchal de Montmorency lui avait promis ? Un moine l'assistait de ses exhortations : il lui ferma la bouche, en disant qu'il ne serait pas supplicié » 2.
A ce moment, il persistait toujours dans ses seconds aveux. « Mené en place de Grève, rapporte un récit, il a dit que sa première déposition [à Saint-Mesmin] est fausse. lia esté dépouillé, et après s'est relevé et a dit : « Messieurs, le peuple de Paris et tous « en g-énéral et estrangers, je vous prie que ceux qui ont persécuté « les fidèles jusques à présent... » Sur ce, le peuple s'est esmeu, et par ce moyen, il n'a pas eu le loisir de parachever. Et depuis, le peuple apaisé quelque peu, il a dit qu'il ne sait s'il a pieu à Dieu que la paix soit faite, parce qu'elle est nécessaire. A dit qu'il a ouï-dire que, si les persécutions qui ont esté faictes jusques à présent ne cessent contre les fidèles, on se prépare pour en faire punition et veng-eance, et supplie qu'on advise à ce qu'on a à faire et à ceux qui passent par ceste ville et y demeurent pour éviter aux vengeances qu'on a entreprises, et jà il y en a plusieurs en ceste ville pour ce faire. Lié au poteau et tenaillé par quatre endroits, par les cuisses deux fois et par les bras deux fois, il a esté ensuite délié et mis sur l'échafaud. Il a dit alors : « Messieurs, vous voyez que l'entre- « prise est grande ! » Puis il a confirmé sa dernière déposition et dit que la première estoit fausse ^ »
Mais alors, voyant qu'on « le lioit de quatre cordes par les bras et par les jambes et qu'on les attachoit à quatre chevaux », le supplicié parut « comme effrayé et hors de lui-même » ^, et demanda de nouveau à parler. MM. Jean Tanchon, Nicolas Garnier et Mercier, capitaines de la milice bourgeoise, appelés par lui comme témoins, il déclara tout à coup que ses premières déclarations faites devant Orléans étaient les seules vraies. « Quand il fut parti de la ville de