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ceril fois raison, ce jeune lioiiiine n'en sérail pas moins exposé à passer en jngenicnl.
— Pardon, monsieur, interrompit le peintre qui s'était apjtroché pendant ce dialogue, je désire au contraire que celte affaire ne soit pas étouflee. Celle letlre que n;onsieur Dargia ni'allribuail, celle lellre, dis-je, n'est pas de moi ; c'est une lâcheté et une infamie dont l'auteur doit être recherché et puni.
— Uevel a raison, dit Louis, et nous sommes témoins qu'il s'est contenlc de repousser ce malheureux, après en avoir reçu injnslemenl la plus grave de toutes les insultes.
Jean embrassa une dernière fois sa maîtresse, et aprè^ ravoir mise dans une voiture, il se rendit avec Louis et Christian chez le procureur du roi auqiiel ils raconlèrenl révénemenl dans lous ses détails.
La réputalion du jnarqiiis était déteslahle, et le magisUat avait élé saisi déjà de nombreuses plaintes portées coiiîre lui.
Il laissa Revel libre sur parole.
Quinze jours a|)rès, l'affaire était portée devant le iribiinal, et la cour prononçait l'acquillemenl du peinlie Jean Revel.
Quand il rentra dans son atelier du h()i)i''vard du I{é;:cnl, il trouva .'Llia en irain de préparer leurs malles.
— Tu avais compris ma pensée, dit- il, merci ; après
«Tlle niullieiireiise alïaire, je ne jmuv ais rester plus longlemps en Celjziqiie.
— >'oR, dit JF.Wa, car les conséquences en sont plus rraves que lu ne le penses.
Et la comédienne lui raconta alors les événemenis qui s"élaicnl accomplis à Paris depuis son départ : la mort de madame Dargis, et les propositions que Moëser était \enu lui faire au sujet de l'hérilage du marquis.
En apprenant quil était la cause indirecte de la ruine de Pauline, le pauvre garçon se mit à pleurer comme un enfant.
— I! va huit mois, je t'ai engagé à me suivre, mon pauvre Jean^ dit ^Elia avec boulé; je n'avais à celle époque que de l'amilié et de l'estime pour loi, et je voulais l'épargner une déceplion ou une déloyauté; aujourd'hui que je t'aime, je te dis : Pars, mon bon Jean, pars sans regret, sans arrière-pensée, tu as un devoir à remplir là-bas.
Dans quinze jours mon engagement sera icrmiiié, je serai libre; j'irai te rejoindre à Paris, non |i0ur continuer à vivre avec loi, mais pour te conseiller et lulier contre les méchants qui voudraient entraver ta roule.
— ^lia! dit Jean en la regardant avec un élonnement nièlé d .iiluiiralion.
— Vovons, sois franc, ne resle-t-il plus rien au fond de ce cœur-là pour mademoiselle Pauline?
— Si. dit Jean 2vec Irislcsse, la lêle était guérie, mais
le cœur saignait loiijours. — Wais loi, ma pauvre JEWa, je ne puis TaLandonner ainsi.
— Moi, fil la juive avec un sourire forcé, je n'ai jamais élé assez naïve pour prendre noire amour au sérieux; je l'aimais avec mon tempérament el non avec mon cœur.
Ne le l'ai-je pas dil? je ne crois à rien.
Les blés sonl coupés, les alouettes ont pris leur vol.
— IVon, dil Jean, je ne le crois pas, tu ne saurais pas mécliante.
— Souviens-loi de mes paroles, Jean : ne souhaite janiais à ton plus implacable ennemi de devenir Tamanl de la juive yElia.
— Allons, je serais fouj^Ie le croire.
— Je ne te i)ermets que ducroire à une chose : c'esl à mon amitié sincère cl à mon dévouement.
— Mais enfin, d'où le viennent ces mauvaises pensées? yEiia releva sur le jeune peintre un regard doux el
Irislc.
— Elles me viennent de ce que je suis fatiguée de voir les bons souffrir jiour les Fiiéchanls, el que, comme ces malheureux qu'une atlraclion irrésistible pousse à braver le danger en domptant les tigres el les lions, je voudrais renconlrer une de ces natures i)erverses, un de ces èlies forts dans le mal, pour luller contre lui cl le broyer sous mes |)ieds.
— Eh bien, pi'eiids patience, je le chercherai cela.
— no —
— Je crois que j'ai irouvé, moi, murmura la juive. Le soir même, Jean Rêve! prenait le Irain express pour Paris.
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