SOIRÉE DANSANTE
A neuf heures précises, la yoiture de Jean de Brannes s'arrêtait devant le NM9 de la rue de Gastellane.
Les fenêtres de Tappartement de madame Dargis étaient éclatantes de lumière, et l'on entendait de la rue les vibrations harmoniques du piano.
— M. de Brannes ! annonça Bastion en soulevant la portière du salon.
Malhiide Dargis, en robe de mousseline brodée , décolletée et bras nus, dansait au milieu d'un quadrille de jeunes filles, en toilette de bal.
Animée par le pjaisir et la chaleur, et sous cette toilette qui faisait valoir toute l'élégance de sa taille, et la beauté de ses épaules et de ses bras : Mathilde Dargis- était vraiment belle.
On eut dit une déesse au milieu de ses nymphes. Image chère aux romanciers du premier empire, et fort avantageusement placée ici.
En apereevant de Brannes, Mathilde battit des mains avec une joie enfantine.
— Vivat I s'écria-t-elle, nous amenez-vous des danseurs ?
Le vicomte salua, et s'excusa de loin, par une pantomime expressive.
Le quadrille fini, Mathilde traversa le salon, et tendit familièrement la main au jeune homme.
— Soyez le bien venu, mon cher monsieur de Braanes, dit-elle d'un ton dégagé.
• — Mais, dit le vicomte, vous m'aviez invité à une soirée d'intimes, attention des*plus flatteuses pour moi; et j'arrive en cravate noire et gilet de fantaisie, au milieu d'un bal.
— Que voulez-vous, reprit étourdîlnent Mathilde, ces enfants-là n'ont rien voulu entendre ; et malgré la chaleur, il m'a fallu sauter avec elles ; il faudra bien vous résigner, à leur donner quelques polkas et quelques valses. — Votre ami Revel est venu avec vous ?
—Non, Madame, et j'ignore même s'il viendra.
— Tenez, dit Mathilde, en prenant une glace sur un plateau, et en la lui offrant. — Venez vous asseoir près de moi, j'ai deux mots à vous dire...
Ils allèrent s'asseoir dans Tangle de la cheminée.
—Je comptais, dit Mathide, aller passer Tété au château de mon beau-frère, le marquis Emmanuel, qui habite la Belgique , mais la saison est si avancée que j'hésite à faire ce voyage.
— La Belgique est un pays plat et froid, dit de Brannes, à tout hasard, ne comprenant pas encore où Mathilde en voulait venir.
— Cependant comme je ne saurais condamner mes enfants à rester à Paris par cette chaleur, je veux leur &ire une surprise, en louant quelque maisonnette aux environs de Paris.
—C'est une excellente idée, appuya de Brannes, qui comprit tout de suite, le parti qu'il pouvait tirer de cette résolution.
—Vous m'avez dit, je crois, que vous aviez trouvé quelque chose à Aulnay.
— Oui, reprit de Brannes, une délicieuse habitation, sur la route d' Aulnay à la Vallée-aux-Loups. C'est-àdire dans le plus adorable pays du monde ; imaginezvous, la Touraine à dix minutes de Paris, des routes sablées et ratissées comme les allées d*un parc ; des bois sn amphithéâtre, et avec cela, la soUtude la plus complète.
— Et VOUS êtes installé déjà dans votre propriété T
— Depuis hier seulement..
— Voulez- vous me rendre un véritable service, monsieur de Brannes ?
— Oh ! de tout cœur, madame, se hâta de répondre le vicomte.
— Eh bien I informez-vous dans les environs, et sachez s'il ne se trouve rien à louer. J'irais jusqu'à quinze cents francs, si c'était réellement bien.
-— Je m'acquitterai d'autant mieux de votre commission, madame, qu'ayant consacré ma journée d'hier à battre le pays ; j'ai remarqué de charmantes maisons de plaisance. Mais, cependant, je vous ferai remarquer, que je ne pourrai prendre sur moi de traiter, sans que vo^s ayez vu par vous-même.
— Ohl je compte bien faire cette promenade-là, le jour où vous m'écrirez, que vous n'avez que l'embarras du choix
— A quoi bon perdre un temps précieux, madame, permettez-moi de vous proposer un moyen plus simple, et plus sûr de devenir ma voisine de château.^
—Voyons, dites?
De Brannes parut hésiter une seconde ; la proposition était difficile à formuler.
— Ce moyen, répéta Mathilde.
— Serait de vouloir bien accepter, pour quelques heures, l'hospitalité dans ma modeste villa. —Ma voi-
tore ira tous prendre à la station de Fontenay-aux- Roses; vous goûterez, tout en vous reposant, les fraises démon jardin; et j'aurai l'honneur enfin de vous servir de cicérone dans l'excursion qu'il vous plaira de faire.
Mathilde regarda le vicomte avec un étonnement un peu moqueur.
—Ah ! dit-elle, l'invitation est assez cavalière, voua l'avonerez.
—Je l'avoue humblement, madame, mais avant de vous la faire, je me suis demandé, pourquoi la femme qui entrerait sans arrière-pensée chez un fermier, boire du lait chaud et prendre des informations: n'acceplerait pas un service analogue, de l'ami ou du simple invité qu'elle reçoit, et doit par conséquent, connaître et estimer.
—Cela peut être parfaitement logique, mais ce n'est guère dans les usages du monde.
— Alors tant pis pour le monde, dit le vicomte avec calme.
— Vraiment?
— Oui, puisque l'amitié respectueuse et dévouée, y est condamnée à être éternellement égoïste et froide, pour avoir grand air.
— Voyons, ne me gardez pas rancune, cher monsieur de Brannes, reprit Mathilde d'un ton enjoué... j'ai usé mon existence à lutter contre les préjugés ab-
sardes, et à m'aflranchir des usages, et des exigences ridicules de noire société parisienne.
En vérité, j'aurais mauvaise grâce à ne pas accepter Poffre que vous me faites, moi qui suis le paradoxe incarné; la négation par excellence du bien ou du mal... êtes-voos libre demain ?
—Parfaitement libre.
— Eh bien, venez me prendre à une heure, à la sta tion de Fontenay, j'y serai avec ma fille.
— Merci, madame, dit le vicomte réellement joyeux, merci pour le plaisir et l'honneur que vous me faites.
Pauline et Henriette traversèrent le salon en se donnant le bras.
Leurs toilettes exactement pareilles, ne consistaient qu'en une robe de taffetas rose à trois volants, et en un large ruban de velours noir attaché autour du col par une boucle en cailloux du Rhin.
Elles étaient éclatantes de fraîcheur, de jeunesse et de grâce.
— Mettez-vous au piano, Henriette, dit Mathilde en appelant la jolie enfant.
Ef, se retournant vers de Brannes, elle ajouta d'un ton presque confidentiel : |Je ne sais vraiment ce qu'a ma fille PauUne, elle est triste, préoccupée depuis deux jours ; je compte sur vous pour être son cavalier, n^est-cepas?... Elle aime le bal, et ce plaisir dissipera
ET JBAIf QUI RIT 131
je l'espère, ce petit nuage qui, n-ayant aucune raison d'être, s'envolera comme il est venu.
De nouveaux invités arrivant, Mathilde quitta le jeune homme, pour aller les recevoir.
Henriette joua la ritournelle d'une mazurka de Strauss.
—Mademoiselle, dit humblement de Brannes en saluant Pauline, voulez-vous bien me faire l'honneur de m'accorder cette mazurka?
Pauline inclina légèrement la tête, et tendit la main à de Brannes, qui l'entraîna en tourbillonnant dans la ronde des danseurs.
—Regardez donc, conmiandant, quel beau garçon, dit une vieille dame, en s'adressent à un petit homme à cheveux gris, à tournure militaire, qui portait au cou le cordon de commandeur de la Légion-d'Honneur.
—Où donc cela?
—Là, contre la porte d'entrée. Ne trouvez-vous pas qu'il ressemble à votre fils Edmond ?
— C'est frappant, parole d'honneur. Quel bel officier de hussards il ferait I continua le commandant. Parbleu ! il faut que je sache son nom.
Et côtoyant les banquettes et les fauteuils du salon, le commandant s'approcha d'Henriette, qui n'avait pas quitté le piano.
—Vous désirez quelque chose, commandant? dit- 6lle en se penchant vers lui.
!3â JEAN QUI PLEURE
— Oui. ma belle demoiselle, je voudrais savoir le nom de ce joli garçon qui est appuyé contre la porte, à droite de la cheminée.
— C'est le peintre qui a fait le portrait de ma sœur... M. Jean Revel, dit Henriette, dont le visage s'éclaira subitement d'un joyeux sourire.
—Eh bien t grommela le commandant dans sa moustache, avec ce physique-là, et un talent comme le sien, voilà un gaillard qui n'aura que l'embarras du choix, quand il voudra se marier.
Jean Revel était réellement beau ce soir-là.
Sa chevelure blonde et soyeuse, s'arrondissait autour de ses tempes en larges boucles ; ses yeux doux et bons, brillaient d'un éclat inaccoutumé; 'ses moustaches relevées à la hongroise dégageaient entièrement sa bouche vermeille, aux angles de laquelle se dessinait un sourire affectueux.
Sa pâleur faisait un contraste étrange, avec l'insouciante gaieté qui se reflétait sur ses traits.
Un pantalon noir demi-collant, un habit noir à larges manches, boutonné sur la poitrine, et un ruban de soie moirée comme cravate, composaient sa toilette.
Un seul détail donnait à sa tenue un cachet un peu artistique.
Il portait des btutons de manchette en améthystes et et des gants gris perle.
La mazurka achevée, Revel, qni avait salué déjà madame Dargis, tenta de de se rapprocher d'Uenrielte.
De Brannes loi serra la main au milieu de la foule, tout en reconduisant Pauline à sa place.
En voyant Partiste s'approcher et sourire à Henriette, la vieille dame qui s'était extasiée sur sa ressemblance avec M. Edmond, crut qu'il venait inviter la jeune fille.
— Cédez-moi votre place, mon enfant, dit-elle en posant ses gants sur le piano, je suis encore assez bonne musiciennej pour déchiffrer un quadrille ou une polka.
Henriette ne crut pas devoir se faire prier. Elle remercia affectueusement la vieille dame; prit le bras de Revel, et se dirigea avec lui vers un petit salon occupé par des joueurs de whist.
— Ma conduite doit vous paraître inexplicable, lui dit-elle, quand elle l'eut amené devant une fenêtre ouverte, mais vous êtes un loyal jeune homme, et je n'aurai pas besoin de faire de longues phrases pour me justifier. J'aime Pauline par-dessus toutes choses au monde, et quand il s'agit de conjurer le danger qui la menace ; de lui épargner un chagrin, je ne suis plus une sœur, mais une seconde mère.
Je vous ai remercié du fond de mon cœur, le jour où vous avez terminé son portrait ; j'ai osé vous écrire, depuis, de venir. Vous allez juger si j'ai eu tort d'en agir ainsi, si je suis coupable d'imprudence, ou si je suis digne de toute votre estime .
— Oh I mademoiselle, dit Revel d'an ton de donx reproche.
Henriette continua d'une voix ferme et grave :
— M. de Brannes, votre ami, aime ma sœur, ou du moins les apparences le font supposer.
— Je m'en doutais, reprit le peintre, et c'était pour mettre votre responsabilité et la mienne, hors de cause, que j'ai cessé si brusquement mes séances.
— J'avais donc deviné votre pensée?
— Oui , dit-il , le jour où vous m'avez dit Merci.
— Maintenant, reprit elle, M. de Brannes est reçu ici comme un ami; ma mère, qui ignore totalement ce qui se passe, semble même l'attirer dans la maison.
— Mais , dit Revel avec hésitation , mademoiselle Pauline l'aime donc?
— S'il en était autrement , aurais-je besoin de vous faire cet aveu ! reprit Henriette en baissant les yeux.
Revel appuya son mouchoir sur sa bouche poar étouffer un sanglot.
— Mais, dit-il enfin, que puis-je faire, moi ?
— M. de Brannes est votre meilleur ami , nous avezvous dit ?
— Oui, mon ami, répéta Jean, avec un violent effort. .
—Eh bien ! un ami n'a pas de secrets pour son ami; sachez quels sont les projets de M. de Brannes.
— Moi l fit Revel, ne pouvant maîtriser le sentiment de répugnance qu'une semblable demande éveillait en lui.
— Ces choses-là se. font tous les jours, reprit Henriette avec une dignité affectueuse , et les mariages se traitent le plus ordinairement de cette manière.
Quand vous aurez dit à M. de Brannes, connue je vous y autorise, comme je vous en prie : que ma sœur partage l'amour qu'il a pour elle , mais qu'elle ne peut lui apporter une dot; il réfléchira : s'il l'aime réellement, il demandera sa main à ma mère.
Si la question d'argent, est plus puissante à ses yeux : il . cessera à l'avenir des visites indignes d'un galant homme.
— Mais ne peut-il me dire qu'un frère seul, a le droit d'exiger de semblables explications.
— S'il vous répondait cela , dit Henriette avec une énergie singulière , cet homme ne serait pas votre ami ; et vous pourriez lui demander compte alors, de* l'hospitalité qu'il outrageait, en glissant une lettre dans le mouchoir d'une jeune fille confiée à vos soins.
— Je n'hésite plus , Mademoiselle , dit Revel vaincu , ce soir même , je parlerai à M. de Brannes , et si vous ne me revoyez pas demain : c'est que n'ayant qu'une mauvaise nouvelle à vous annoncer, je serai parti le cœur brisé.
— Ahl vous voilà, monsieur Revel, dit tout à coup madame Dargis en s'approchant d'eux, que vient donc de me dire votre ami, vous nous quittez?
— M. de Brannes vous a. dit la vérité, Madame : je pars demain pour Bruxelles.
— Alors je vais vous remettre immédiatement le prix du portrait de ma fille.
— Je procède comme les médecins et les avoués , dit Revel en s'inclinant et n'envoie mes notes que tous les ans: Veuillez donc excuser mon refus, Madame.
• Après avoir échangé un regard affectueux avec Henriette, il suivit Malhilde , qui voulait , disait-elle, le présenter a une dame de ses amies, grande admiratrice de son talent.
Revel rejoignit enfin de Brannes.
— J'ai à vous parler, mon ami , lui dit-il en l'arrêtant au passage; nous partirons ensemble, n'est-ce pas?
— Cela dépendra du temps que vous comptez rester, mon cher ami.
— Oh 1 je suis entièrement à votre disposition..
— J'allais partir.
— Partons, dit Jean.
Les deux jeunes gens prirent congé de madame Dargis , et quittèrent le salon.
Gomme ils traversaient l'antichambre pour prendre
leurs pardessus au vestiaire , Pauline ouvrit une porte latérale, et appela Baslien, auquel elle donna un ordre.
— Bon voyage, monsieur Jean, dit-elle au peintre, revenez nous bientôt... Et saluant ensuite le vicomte , elle murmura des lèvres seulement ces mots : A demain.
— Ma voiture vous remettra chez vous, dit le vicomte en offrant son porte cigare à Jean.
— - Comment, votre voiture ?
— L'américaine de Langeais. Ce que c'est que l'habitude, dit-il avec un sourire forcé.
— Il fait un temps magnifique, nous causerons mieux en marchant.
— Soit, vous pouvez rentrer, Georges , cria-t-il au cocher. A présent, mon cher, je suis tout à vous.
Les deux jeunes gens s'éloignèrent dans la direction du boulevard Italien.
Gomme ils traversaient la rue , une mendiante portaot un enfant dans les bras , se détacha d'une porte cochère.
La lune mettait en pleine lumière , ses traits amaigris, mais fins et réguliers.
— Messieurs, dit-elle d'une voix sourde, ayez pitié de ma pauvre petite fille.
— Et pourquoi diable faites-vous des enfants, ma
chère ! dit de Braones en fouillant dans la poche de son gilet.
La mendiante baissa tristement la téte^ et tendit la main.
— Ma foi tant pis pour vous , ma brave femme, je n'ai que de l'or sur moi , continua-t-il en lui tournant le dos.
La main de la mendiante retomba le long de son
corps, et un gémissement s'exhala de sa poitrine.
Revel chercha son porte-monnaie, mais il se souvint aussitôt de l'avoir oublié sur sa cheminée.
— Prêtez-moi un louis , de Brannes , dit il vivement.
— Allons donc, vous ôles fou ; mais ces gens -là font métier de demander l'aumône, et les enfants dont ils se servent pour émouvoir votre compassion , sont des enfants loués , ou volés.
— Oh I s'écria Revel en voyant la malheureuse chanceler.
— Ten^z , s'écria-t-il , en arrachant avec emportement un des double-boutons de ses manchettes , il y a là pour cent francs de vêtements et de pain ; mais comme on ne manquerait pas de vous accuser d'avoir volé ce bijou; prenez cette carte, c'est moi qui vous le rachèterai demain.
— Diable, vous êtes princier dans vos aumônes, fit de Brannes quand ils se furent éloignés.
— Vous avez bien fait de me refuser les vingt francs que je vous demandais, deBrannes.
— Pourquoi cela ?
—Parce que vous avez humilié cette pauvre diablesse pour mieux que cela.
Nous ne consacrerons pas un chapitre à la conversation des deux jeunes gens.
Jean Revel s'acquitta de sa mission en conscience, mais inutilement et sans obtenir une réponse favorable, aux projets d'Henriette.
Trop habile pour repousser nettement, les ouvertures qui lui étaient faites par son ami ; de Brannes joua d'abord l'étonnement; etquandle peintre en vint , à lui reprocher en termes un peu énergiques , la légèreté de sa conduite, il courba la tête sous cette mercuriale.
Il reconnaissait que sa galanterie avait été un peu trop loin , mais après tout mademoiselle Pauline n'était nullement compromise; et il ne se croyait pas tenu' de racheter une faute aussi infime, par le sacrifice.de son avenir. .
Madçmoiselle Pauline Dargis oublierait bientôt une idée de pensionnaire émancipée; et s'il ne fallait pour lui rendre le repos que cesser ses relations avec madame Dargis, il s'engageait volontiers à ne plus remettre les pieds dans la maison.
Les cœurs les plus nobles ont leurs faiblesses : Revel
éprouva une joie secrète en voyant de Brannes renoncer franchement à Tamour dé Pauline.
Nous devons toutefois reconnaître, qu'il plaida généreusement sa cause.
Mais la résolution du vicomte était parfaitement arrêtée. Le sans dot de VAvare avait produit un effet magique.
Les deux Jean se séparèrent les meilleurs amis du monde.
De Brannes s'excusant par avance de ne pas aller le lendemain, faire ses adieux à l'artiste, empoché qu'il était par un rendez-vous d'affaires.
Or chacun d'eux emportait au fond du cœur une espérance !
De Brannes pouvait compter sur l'amour de Pauline.
Jean Revel partait pour les Flandres avec cette assurance égoïste 5 que s'il ne devait jamais être l'heureux époux de mademoiselle Pauline Dargis ; son ami de Brannes ne serait pas mieux partagé que lui.
Le lendemain, à huit heures du matin , de Brannes partait pour sa campagne.
Le môme jour, à huit heures du soir, Jean Revel montait dans le train express de Bruxelles, en compagnie de mademoiselle M\h.