i La manque dans A
286. — 1 A, femme; B et L, et ont leurs .femmes et enfans tout ce qu'il^ ont. — - Le comte
DE LA DÉFIANCE DES SOUDANS, iSy
283. Et ces gens que je vous nomme, s'appelaient delà Halca; car les bahariz couchaient dans les tentes du soudan. Quand le soudan était au camp, ceux de la Halca étaient logés autour de la demeure du Soudan, et établis pour garder le corps du soudan. A la porte de la demeure du soudan , étaient logés dans une petite tente les portiers du soudan , et ses ménétriers , qui avaient des cors sarrasinois et des tambours et des timbales. Et ils faisaient un tel bruit au point du jour et à la nuit, que ceux qui étaient près d'eux ne se pouvaient entendre l'un l'autre; et on les entendait clairement parmi le camp.
284. Et les ménétriers n'auraient pas été si hardis que de sonner de leurs instruments pendant le jour, sinon par Tordre du maître de la Halca : d'où il advenait que quand le soudan voulait donner un ordre, il envoyait quérir le maître de la Halca et lui faisait son commandement. Et alors le maître faisait sonner les instruments du soudan , et alors toute l'armée venait pour ouïr le commandement du soudan : le maître de la Halca le disait, et toute l'armée le faisait.
285. Quand le soudan combattait, les chevaliers de la Halca, selon qu'ils se montraient bien dans la bataille, étaient faits émirs par le Soudan , et il leur baillait en leur compagnie deux cents chevaliers ou trois cents; et mieux ils se montraient , et plus le soudan leur en donnait.
286. Le prix réservé à ces chevaliers c'est que, quand ils sont si preux et si riches qu'il n'y ait rien à dire, et que le soudan a peur qu'ils ne le tuent ou qu'ils ne le dépossèdent , il les fait prendre et mourir en sa prison , et ôte à leurs femmes ce qu'elles ont. Et c'est ce que fît le soudan de ceux qui prirent le comte de Montfort et le comte de Bar, et autant en fit Bondocdar de ceux qui avaient déconfit le roi d'Arménie; car parce qu'ils pensaient avoir une récompense, ils descendirent de cheval et l'allèrent saluer pendant qu'il chassait aux bêtes sauvages. Et il leur répondit : « Je ne vous salue pas; w car ils lui avaient troublé sa chasse. Et il leur fit couper la tête.
de Montfort et le comte de Bar furent faits prisonniers en 1239, dans un combat livré à Gaza (voy. S 5 18). Ils faisaient partie de la croisade dont Thibaut I", roi de Navarre, fut le chef. — 3 A, avoit. — 4 II s'agit probablement de Bibars Bondocdar, soudan d'Egypte, qui fit la guerre en 1265 à Haiton, roi de la Petite-Arménie.
l58 HISTOIRE DE SAINT LOUIS.
287. Or revenons à nostre matière et disons ainsi, que li soudans qui mors estoit , avoit un sien fil de Taage de vingt-cinq ans , saige et apert et malicieus; et pour ce que il doutoit que il ne le desheritast, li donna un réaume que il avoit en Orient. Maintenant que li soudans fu mors, li amiral Tenvoierent querre; et sitost comme il vint en Egypte, il osta et tolli au seneschal son père, et au connestable, et au mareschal les verges d'or^, et les donna à ceus qui estoient venu avec li d'Orient.
288. Quand il virent ce, il en orent si grant despit, et tuit li autre aussi qui estoient dou conseil le père, pour la deshonour* que il lour avoit faite. Et pour ce que il doutoient que il ne feist autel d'aus comme ses pères '^ avoit fait à ceus qui avoient pris le conte de Bar et le conte de Monfort, ainsi comme il est devant dit, il pourchacierent tant à ceus de la Halequa (qui sont devant nommei, qui le cors dou soudanc dévoient garder), que il lour orent couvent que à lour requeste il lour occirroient le soudanc ••.
28(). Après les dous batailles devant dites, commencierent ' à venir li grant ' meschief en Posf, car au chiefde nuef jours, li cors de nos gens que il avoient tuez'' vindrent au desus de ryaue; et dit Ton que c'estoit pour ce que li fiel en estoient pourri. Il en '' vindrent flotant jusques au pont qui estoit entre nos dous os, et ne porent passer, pour ce que li pons joingnoit à Tyaue. Si'' grant foison en y avoit, quetouz li fluns estoit pleins de mors" dès l'une rive jusques à l'autre, et de lonc bien le giet d'une pierre menue.
290. Li roys avoit loez cent ribaus, qui bien y furent huit jours. Les cors aus Sarrazins, qui estoient retaillié, getoient d'autre part dou pont, et laissoient ^ aler d'autre part l'yaue; et les crestiens fe-