A, B et L, et en
309. — l On trouve ici deux fois à Quaicl, à Kasel, au lieu de an qua\el, au kase! ; mais ce mot se présente plus loin comme nom commun (5 390, 391 et Sig).
joiwii LE. — 22
lyo HISTOIRE DE SAINT LOUIS.
3io. Et ainsi mena le roy jusquesau kasel-, et le descendirent en une maison , et le couchierent ou giron d'une bourjoise de Paris aussi comme tout mort, et cuidoient que il ne deust jà veoir le soir. lUec vint mes sires Phelippes de Monfort , et dist au roy que il véoit ' l'amiral .à qui il avoit traitié de la trêve ; que se il vouloit , il iroit à li pour la treuve refaire en la manière que li Sarrasin vouloient. Li roysli pria que il y alast, et que il le vouloit bien. Il ala au Sarrazin ; et li Sarrasins avoit ostée sa touaille de sa teste , et osta son anel de son doy pour asseurer que il tenroit la trêve.
3 j I . Dedans ce , avint une si grans meschéance à nostre gent *, que uns traîtres serjans , qui avoit à non Marcel ' , commença à crier à nostre gent : « Signour chevalier, rendés-vous, que li roys le vous « mande; et ne faites pas occire le roy! » Tuit cuidierent que li roys lour eust mandei , et rendirent lour espées aus Sarrasin*. Li amiraus vit que li Sarrazin amenoient nostre gent prins. Li amiraus dist à mon signour Phelippe que il n'aferoit pas que il donnast à nostre gent trêves, car il véoit bien que il estoient pris.
3x2. Or avint ainsi à ' mon signour Phelippe que toute nostre gent estoient pris, et il ne le fu pas pour ce que il estoit messagiers. Or a une autre mauvaise manière ou païs en la paiennime, que quant li roys envoie ses messaiges au soudanc, ou li soudans au roy, et li roys meurt ou li soudans avant que li messaige revieingnent , li messaige sont prison et esclave , de quelque part que il soient, ou crestien ou sarrazin''.
3i3. Quant celle meschéance avint à nos gens que il furent pris à terre, aussi avint à nous qui fumes prins en Tyaue, ainsi comme vous orrez ci-après^-, car li vens nous vint de vers Damiete, qui nous toli le courant de Tyaue; et li chevalier que li roys avoit mis en ses courciers pour nos malades deffendre , s'enfouirent. Nostre marinier perdirent le cours dou Hum et se mistrent en une noe^, dont il nous couvint retourner arieres vers les Sarrasins.
3io. — 1 B et L, venait de.
liii.^ I B, xcriivnt de Paris i]ui avait nom Martel,
TRKVK PROMISE ET VIOLÉE. iji
3io. Et il mena ainsi le roi jusques au village; et on le descendit dans une maison , et on le coucha au giron d'une bourgeoise de Paris presque comme mort , et on pensait qu'il n'irait pas jusqu'au soir. Là vint monseigneur Philippe de Montfort, et il dit au roi qu'il voyait Témir avec lequel il avait traité de la trêve; que s'il voulait , il irait à lui pour refaire la trêve de la manière que les Sarrasins voulaient. Le roi le pria d'y aller, et dit qu'il le voulait bien. Il alla au Sarrasin; et le Sarrasin avait ôté son turban de sa tête, et ôta son anneau de son doigt pour assurer qu'il tiendrait la trêve.
3i I. Pendant cela, il advint un très-grand malheur à nos gens ; car un traître sergent, qui avait nom Marcel, commença à crier à nos gens : « Seigneurs chevaliers, rendez-vous, car le roi vous le (c mande; et ne faites pas occire le roi ! » Tous pensèrent que le roi le leur avait mandé, et ils rendirent leurs épées aux Sarrasins. L'émir vit que les Sarrasins amenaient nos gens prisonniers. L'émir dit à monseigneur Phililippe qu'il ne convenait pas qu'il donnât une trêve à nos gens; car il voyait bien qu'ils étaient prisonniers.
3 12. Or il advint ainsi à monseigneur Philippe que nos gens étaient tous prisonniers , et que lui ne le fut pas parce qu'il était messager. Or il y a une autre mauvaise coutume au pays chez les païens, c'est que quand le roi envoie des messagers au Soudan, ou le Soudan au roi, et que le roi meurt ou le Soudan avant que les messagers reviennent , les messagers sont prisonniers ou esclaves, de quelque part qu'ils soient, ou chrétiens ou sarrasins.