‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 183 sur 467 · LE ROI CONSULTE SUR SON RETOUR · texte numérisé non relu

LE ROI CONSULTE SUR SON RETOUR

congé, et lui dis que je lui donnais ce qu'il me devait, car il Tavait bien mérité. J'appris par les chevaliers de Bourgogne, quand ils revinrent de prison (car ils l'avaient amené en leur compagnie), que c'était le plus courtois larron qui fût jamais : car quand il manquait à un chevalier couteau ou courroie, gants ou éperons, ou autre chose, il l'allait dérober, et puis alors le lui donnait.

418. En ce temps que le roi était en Acre, les frères du roi se prirent à jouer aux dés-, et le comte de Poitiers jouait si courtoisement que quand il avait gagné, il faisait ouvrir la salle et faisait appeler les gentilshommes et les dames, s'il y en avait, et donnait à poignées ses propres deniers aussi bien qu'il faisait de ceux qu'il avait gagnés. Et quand il avait perdu, il achetait par estimation les deniers à ceux avec qui il avait joué, et à son frère le comte d'Anjou et aux autres-, et il donnait tout, et son bien et celui d'autrui.

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