IL EST DUR DE RENDRE
nous avions longtemps disputé, alors le roi rendait sa sentence et disait ainsi : « Maître Robert, je voudrais bien avoir le nom de prud'- « homme , pourvu que je le fusse, et tout le reste je vous le laissece rais-, car ce nom de prud'homme est si grande chose et si bonne « chose que, même à le prononcer, il emplit la bouche. »
33. Au contraire, il disait que c'était mauvaise chose de prendre le bien d'autrui : « car rendre était si dur que, même à le prononcer, « rendre écorchait la gorge par les r qui y sont, lesquelles signifient cf les râteaux du diable, qui toujours tire en arrière ceux qui veulent (( rendre le bien d'autrui. Et le diable le fait bien subtilement-, car « avec les grands usuriers et les grands voleurs, il les excite de telle « sorte qu'il leur fait donner pour Dieu ce qu'ils devraient renée dre. »
34. Il me dit que je disse au roi Thibaut, de sa part, de prendre garde à la maison des frères Prêcheurs de Provins, qu'il faisait, de peur qu'il n'embarrassât son âme pour les grandes sommes qu'il y mettait. « Caries hommes sages, tandis qu'ils vivent, doivent faire « de leurs biens tout comme des exécuteurs testamentaires en de- « vraient faire; c'est à savoir que les bons exécuteurs réparent d'ace bord les torts du mort, et rendent le bien d'autrui ; et du reste des ce biens du mort, ils font des aumônes. »