‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 243 sur 467 · Le 29 juin i · texte numérisé non relu

Le 29 juin i

DÉPART DU ROI POUR SAYETTE. SoQ

fais savoir que je demandai au légat combien cette porte et ce pan de mur lui avaient coûté; et il m.e demanda combien je pensais qu'elle eut coûté; et j'estimai que la porte qu'il avait fait faire lui avait bien coûté cinq cents livres, et le pan de mur trois cents livres. Et il me dit (prenant Dieu à témoin) que tant la porte que le pan lui avaient bien coûté trente mille livres.

ex. Départ de saint Louis pour Sayette; pèlerins de la Grande Arménie; Joinville renvoie un de ses chevaliers.

563. Quand le roi eut achevé les fortifications du bourg de Jafta, il prit la résolution d'aller fortifier à nouveau la cité de Sayette, que les Sarrasins avaient abattue. Il se mit en mouvement pour aller là le jour de la fête des apôtres saint Pierre et saint Paul, et le roi coucha avec son armée devant le château d'Assur, qui était très-fort. Ce soir-là le roi convoqua ses gens, et leur dit que s'ils étaient de cet avis, il irait prendre une cité des Sarrasins qu'on appelle Naplouse, laquelle cité les anciennes Écritures appellent Samarie.

564. Les Templiers et les Hospitaliers et les barons du pays lui répondirent d'un commun accord , qu'il était bon qu'on essayât de prendre la cité; mais qu'ils ne seraient pas d'avis qu'il y allât en .personne, parce que si quelque chose lui advenait, toute la terre serait perdue. Et il dit qu'il ne les y laisserait pas aller, s'il n'y allait en personne avec eux. Et cette entreprise en demeura là, parce que les seigneurs du pays ne voulurent pas consentir qu'il y allât.

565. De marche en marche, nous vînmes aux sables d'Acre, là où le roi et l'armée campèrent. En ce lieu vint à moi une grande troupe de la Grande Arménie, qui allait en pèlerinage en Jérusalem, en payant un grand tribut aux Sarrasins qui les conduisaient. Par un truchement qui savait leur langage et le nôtre, ils me firent prier que je leur montrasse le saint roi.

566. J'allai au roi là il où était assis en un pavillon, appu3'é au mât du pavillon; et il était assis sur le sable, sans tapis et sans nulle autre chose sous lui. Je lui dis : « Sire, il y a là dehors une

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