‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 246 sur 467 · B et L, m'adrcssay · texte numérisé non relu

B et L, m'adrcssay

DANGER QUE COURT JOINVILLE. 3l5

573. Tandis que je leur parlais, je vis que nos sergents à pied, défaisaient les murs. Quand je vis cela, je dis à ceux à qui je parlais, qu'on avait ordonné que le corps de bataille du roi irait là où les Turcs étaient; et que puisqu'on l'avait commandé, j'irais. Je me dirigeai, moi et deux de mes chevaliers, vers ceux qui défaisaient les niurs, et vis qu'un sergent à cheval pensait passer le mur, et que son cheval lui tomba sur le corps. Quand je vis cela, je descendis à pied et pris mon cheval par le frein. Quand les Turcs nous virent venir, ainsi que Dieu le voulut, ils nous laissèrent la place là où nous devions aller. De cette place, là où les Turcs étaient, descendait une roche à pic dans la cité.

574. Quand nous fumes là et que les Turcs en furent partis, les Sarrasins qui étaient dans la cité se déconfirent , et laissèrent la ville à nos gens sans débat. Tandis que j'étais là, le maréchal du Temple ouït dire que j'étais en péril; alors il s'en vint en haut vers moi. Tandis que j'étais là en haut, les Allemands qui étaient dans le corps de bataille du comte d'Eu, vinrent après moi; et quand ils virent les Turcs à cheval qui s'enfuiraient vers le château , ils se mirent en mouvement pour aller après eux. Et je leur dis : « Seigneurs, vous « ne faites pas bien; car nous sommes là où on nous a commandé, « et vous allez outre le commandement. »

Page 1