‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 252 sur 467 · A, manda · texte numérisé non relu

A, manda

587. — 1 B et L, telle. — 2 A, au calice, au lieu de maintenant. — 3 Peut-être devrait- on substituer deffaute à de/fense ; P. de Rieux a imprimé; tu peus voir ta grand faute. Ce passage

d'un clerc pris pour un assassin. 323

mettre en une cage de fer, et le fit jeûner tant que Ton peut faire jeûner un homme sans qu'il en meure;, et puis il lui demanda s'il avait faim. Et le calife dit que oui-, car ce n'était pas merveille. Alors le roi des Tartares lui fit apporter un grand plat d'or chargé de joyaux avec des pierres précieuses, et lui dit : « Connais-tu ces joyaux ? » Et le calife lui répondit que oui : « Ils furent miens. » Et il lui demanda s'il les aimait bien; et il répondit que oui.

587. « Puisque tu les aimais tant, fit le roi des Tartares, or prends « de cette portion ce que tu voudras, et mange. » Le calife lui répondit qu'il ne pourrait, car ce n'était pas nourriture que l'on pût manger. Alors le roi des Tartares lui dit : « Or tu peux voir « maintenant tes moyens de défense -, car si tu eusses donné ton trésor « (dont tu ne te peux à cette heure aider) aux gens d'armes, tu te « fusses bien défendu contre nous en dépensant ce trésor, qui te '( fait défaut dans le plus grand besoin que tu eusses jamais. »

Page 1