‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 299 sur 467 · SAINT LOUIS AMENDE LE ROYAUME · texte numérisé non relu

SAINT LOUIS AMENDE LE ROYAUME

son royaume où il nVvait jamais été , il allait aux Prêcheurs et aux Cordeliers, s'il y en avait, pour requérir leurs oraisons.

CXL. Comment le roi corrigea ses baillis, ses prévôts, ses maires; et comment

il établit de nouveaux établissements ; et comment

Etienne Boileau fut son prévôt de Paris.

693. Après que le roi Louis fut revenu d'outre-mer en France, il se conduisit très-dévotement envers Notre-Seigneur, et très-justement envers ses sujets^ c'est pourquoi il considéra et pensa que c'était trèsbelle et bonne chose d'amender le royaume de France. Premièrement, il établit un établissement général sur ses sujets par tout le royaume de France, en la manière qui s'ensuit.

^^ ous Louis, par la grâce de Dieu roi de France, établissons que tous nos MyMMi i-,aiiiis^ vicomtes, prévôts, maires et tous autres, en quelque affaire que ce

soit, ou en quelque office qu'ils soient, fassent serment que tant qu lisseront en offices ou en fonctions de baillis, ils feront droit à chacun, sans acception de personnes , aussi bien aux pauvres qu'aux riches , et à l'étranger qu'à l'homme du pays; et ils garderont les us et coutumes qui sont bons et éprouvés.

695. Et s'il advient que les baillis, ou les vicomtes ou autres, comme sergents ou forestiers, fassent rien contre leurs serments, et qu'ils en soient convaincus, nous voulons qu'ils en soient punis en leurs biens , et en leurs personnes si le méfait le requiert; et les baillis seront punis par nous, et les autres parles baillis.

696. Derechef, les autres prévôts, les baillis et les sergents jureront qu'ils garderont loyalement nos rentes et nos droits, et ne souffriront pas que nos droits soient soustraits, supprimés ni diminués. Et avec cela ils jureront qu'ils ne prendront ou ne recevront, par eux ou par autrui, ni or ni argent ni bénéfices par voie indirecte, ni autres choses, si ce n'est du fruit, ou du pain', ou du vin, ou autre présent jusques à la somme de dix sous, et que ladite somme ne sera pas dépassée.

697. Avec cela ils jureront qu'ils ne prendront ni ne feront prendre nul don, quel qu'il soit, à leurs femmes, ni à leurs enfants, ni à leurs frères, ni à leurs sœurs, ni à autre personne, pour peu qu'elle soit de leurs familiers; et sitôt qu'ils sauront que de tels dons seront reçus, ils les feront rendre au plus tôt qu'ils pourront. Et avec cela ils jureront qu'ils ne recevront nul don, quel qu'il soit, d'homme qui soit de leur bailliage, ni d'autres qui aient affaire ou qui plaident par-devant eux.

698. Derechef, ils jureront qu'ils ne donneront ni n'enverront nul don à homme qui soit de notre conseil , ni aux femmes , ni aux enfants, ni à personne qui leur ap-

Page 1