‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 3 sur 467 · PREFACE. V · texte numérisé non relu

PREFACE. V

d'avantages, mais à montrer qu'il a été conçu pour rendre le livre plus édifiant. C'est l'expression même employée par Joinville : il a voidu parler d'abord des bons enseignements de saint Louis pour édifier ceux qui les entendront (§ ig). Un peu plus loin, il revient sur la même pensée et insiste sur le motif purement religieux qui l'a inspiré. « Au nom de Dieu le tout-puissant , « dit-il, nous avons écrit ci-devant une partie des bonnes paroles « et des bons enseignements de notre saint roi Louis, pour que « ceux qui les entendront les trouvent les uns après les autres, « de sorte qu'ils en puissent mieux faire leur prof t que si on les <( eût écrits au milieu de ses faits [% 68). » On s'étonne quelquefois que Joinville ait répété dans la seconde partie certaifis récits qui se rencontrent aussi dans la première. Rien ne lui eût été plus facile que d'éviter de telles répétitions , s'il s'était préoccupé de bien écrire et de bien ordonner son ouvrage; mais comme il se proposait d'édifer ses lecteurs et de les instruire , il aimait bien mieux se permettre quelques redites pour être sûr que rien ne manquerait ni à la partie édifiante ni à la partie historique de son livre.

On le voit : Joinville ne s'est pas borné à exposer le plan de son ouvrage; il a voulu aussi faire savoir que ce plan avait été inspiré par une pensée toute religieuse. J'ajoute qu'en cédant à cette inspiration il s'est montré conséquent avec lui-même, et fidèle aux sentiments qui l'avaient animé toute sa vie. J'entends par là qu'il était un chrétien fervent , qui ne se contentait pas de la foi sans les fvuvres. Lui-même nous le dit dans son Credo ; « Les deux bras de (( quoi nous devons tenir Dieu embrassé, ce sont la ferme foi et « les bonnes œuvres; les deux nous sont nécessaires ensemble «■ si nous voulons retenir Dieu; car l'un ne vaut m'en sans l'autre « [1846). w En parcourant l'histoire de saint Louis, il sera facile de voir, par quelques exemples, de quelles œuvres Joinville entendait parler.

Il avait le respect et Vamour des pauvres : un jour qu'il avait reçu à sa table de nombreux convives, il leur conseille dcfiire une grande aumône en adoptant les quatre enfants d'un pauvre cheva-

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