VI. SUR LE MOT NOUVELLEMENT
p^g^^gjl m'avait paru nécessaire de modifier l'acception usuelle de l'adverbe nouvellement, employé par Joinville, lorsqu'il rappelle la mort de la comtesse de Boulogne (§ 66), celle du comte ^ de Flandre (§ 108) et celle du duc de Bourgogne (§ 555). Ce changement d'acception était inutile dans les deux premiers passages : la comtesse de Boulogne était morte nouvellement lorsque Mathieu de Trie, nommé à tort Renaud , réclamait près de saint Louis le comté de Dammartin ; d'autre part, le comte de Flandre Gui de Dampierre venait de mourir, au mois de mars i3o5, quand Joinville le mentionnait incidemment , l'année même où il dictait son livre. Dans le troisième passage, au contraire, lorsque Joinville, parlant de Hugues HI, duc de Bourgogne, dit qu'il était l'aïeul de ce duc qui est mort nouvellement, j'avais pensé que ce mot devait se prendre au sens du latin novissime, et je l'avais traduit par en dernier. En effet, Hugues III, mort à Tyr en 1193, était aïeul de Hugues IV, mort en 1272. Or Joinville, qui écrivait après la mort de Gui de Dampierre, arrivée le 7 mars i3o5 (voy. § 108), n'aurait pas dit qu'un duc de Bourgogne , mort trente-trois ans auparavant, fût mort nouvellement, dans le sens actuel du mot. Mais il aurait pu dire que Hugues IV était mort en dernier, parce que Robert II, fils et