XIV. SUR LA DATE DU CREDO DE JOINVILLE
|ne déclaration expresse de Joinville (§ 777) nous apprend qu'il fit faire le Credo pour la première fois en Acre, après que les frères du roi en furent partis, c'est-à-dire au mois d'août 1 2 5o au plus tôt, et avant que le roi allât fortifier la cité de Césarée en Palestine, c'est-à-dire avant le mois d'avril 1 25 l. Après cette première édition, il en fit paraître au moins une seconde, dont le texte est reproduit plus haut, et à laquelle on doit assigner la date de 1287, qui est exprimée dans le paragraphe 820 du Credo. Il est vrai qu'en prenant ce passage à la rigueur, il signifierait que douze cent quatre-vingt-sept ans s'étaient écoulés depuis la dispersion des Juifs ; or la prise de Jérusalem par Titus étant de l'an 70 , il faudrait reculer cette édition à l'an i357, et alors elle serait postérieure à la mort de Joinville. Mais les caractères du manuscrit sont évidemment trop anciens pour qu'il soit possible de s'arrêter à cette hypothèse. Il ne faut donc pas prendre ce passage à la lettre, et y chercher un calcul rigoureux, que Joinville n'a pas eu la prétention de faire. Dans sa pensée, la dispersion des Juifs étant une conséquence de l'avènement de Jésus-Christ sur la terre, c'est à l'ère chrétienne, qu'il a voulu la faire remonter. Il y a d'ailleurs un motif péremptoire de ne pas s'écarter de cette date de 1287, c'est que Joinville, qui dans son Histoire appelle Louis IX le saint homme, le saint roi , se contente ici de l'appeler le roi Louis , en ajoutant (§ 772) que Dieu absolve! Cette prière pour l'âme du roi ne peut appartenir qu'à une édition antérieure à l'an 1297, date de sa canonisation.