‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 402 sur 467 · EXTRAITS TEXTUELS DES MANUSCRITS · texte numérisé non relu

EXTRAITS TEXTUELS DES MANUSCRITS

pour l'amour qu'il avoit en sa chevallerie, comme vous orrez cy après.

Le tiers feust tel qu'il fust bien revenu en France (se il eust voullu) honorablement, pour ce que ses frères et les barons qui estoient en Acre tins, ainsi comme vous orrez cy après ; et il ne revint point, ains demoura par l'espace de quatre ans; dont les peuples chrestiens du roy de Jherusalem furent' saulvez et guarantiz, ainsi comme vous orrez cy après.

Le quart feust tel que quant nous reveismes d'oultre-mer nostre nef heurta si perilleusement comme vous orrez; et luy dist le maronnyer ^ qu'il entrast en une aultre nef, pour ce qu'il n'entendoit pas que nostre nef se peust deffendre aux ondes selon le coup qu'elle avoit receu; mais il ne les en vouUut oncques croire, et nous dist qu'il aymoit myeuk mettre son corps en adventure et sa femme et ses enfants, que viii*^*^ personnes qui estoient od la nefdemourassent en Chipre , pour ce qu'il disoient bien que en la nef ne demourroient pas se le roy en descendoit, ainsi comme vous orrez cy après.

en sa chevalerie, comme vous orrez cv après.

Li tiers fu teix qu'il fust bien revenus en France (se il vousist) honorablement, pour ce que sui frère et li baron qui estoient en Acre|lilooient]tuit, ainsi comme vous orrez cy après ; et il ne revint point , ains demoura par l'espace de quatre ans; dont li peuples crestiens dou royaume de Jherusalem fu sauvez et garantiz, ainsi comme vous orrez cv après.

Li quarz fu teix que quant nous revenimes d'outre mer nostre neis hurta si perillousement comme vous orrez ; et li dirent li marinier qu'il entrast en une autre nef pour ce qu'il n'entendoient pas que nostre neis se peust deffendre aus ondes selon le coup qu'elle avoit receu ; mais il ne les en vout onques croire, et nous dist qu'il aimoit miex mettre son cors en avanture et sa femme et ses enfans, que huit cenz personnes qui estoient odlanefdemourassenten Chipre, pour ce qu'il disoient bien que en la nef ne demourroient pas se li roys en descendoit , ainsi comme vous orrez cy après.

1 C'est encore un sujet singulier qui a e'té pris pour un pluriel, à cause de Vs finale. Comme le copiste du seizième siècle ne comprenait pas que li peuples crestiens pût signifier le peuple chrestien au singulier, il a changé le verbe fu en furent , croyant d'ailleurs que les participes sauve^ et garantii étaient aussi des pluriels. On peut voir que Joinville, rappelant ce même trait de dévouement dans son Histoire {§ 12), dit que le roi mit alors son corps en aventure <i pour le peuple (et non les peuples) de la terre garantir ».— 2 La leçon originale était li dirent li marinier. Ce sujet pluriel sans ['s finale a été pris pour un singulier, et le copiste a mis également au singulier les deux verbes dist stentendoit. Mais le chapitre CXXIII de l'Histoire prouve que le roi consulta tous les maîtres des nefs, et non un seul marinier. D'ailleurs, le copiste s'est trahi lui-même , en écrivant que le roi « ne les en voullut oncques croire ». Ici encore le texte rajeuni conserve des indices certains de l'orthographe primitive.

ECLAIRCISSEMIÎNTS.

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