XIX. EPITAPHE COMPOSEE PAR JOINVILLE
u nombre des textes qui appartiennent à la langue de Joinville on doit compter une inscription dont il est certainement l'auteur, et que Ménard a publiée le premier (p. 282). Elle a été publiée de nouveau, en lySp, par le P. Merlin^ , jésuite, qui « l'a lue et transcrite lettre à lettre, dit M. Didot, après avoir fait fondre « avec de l'eau chaude et enlevé avec une éponge la cire ou le mastic qui « remplissait le creux des lettres ^ ». Malgré cette précaution, la copie du P. Merlin contient encore des fautes, et celle de Ménard, quoique généralement moins fidèle, permet presque toujours de les corriger. J'ai suivi l'exemple de M. Didot en publiant ces deux copies en regard; mais j'ai voulu en outre combiner les bonnes leçons qu'elles fournissent pour rétablir le texte primitif •'. Lorsque, par exception, je me suis cru obligé d'introduire dans ce texte des leçons qui n'appartiennent ni à l'une ni à l'autre copie, j'ai eu soin de signaler en note les variantes que j'ai rejetées.
COPIE DU p. MERLIN.
Diex sires tous poussans, je vous proie que vous faices bone mercy à Jofroy, signour de Joinville , qui ci gist , cui vous donastes tant de grâce en ce monde, qui vous fonda et fit plusours églises de son tans : c'est à sçavoir, l'abie de Cuire de l'ordre de Cités; item, l'abie de Janvillier, de Premontrei ; item , la maison de Maacon, de l'ordre de Grantmonî ; item, la i)rioulei dou Val de Onne de Moleimes; item, l'esglise de Saint-Lorans douchastel de Joinville. Dont tuitcil qui sont issu de ly doivent avoir espérance en Deu, que Deus l'a mis en sa compaignie, pour ce que li saint témoignent qui fait la maison Deu en terre , atufie la seue {édifie la sienne ) propre