A omet de l'ost
NOUVEAUX RAVAGES DU FEU GREGEOIS. Il]
pierres qui tombaient sur la voie. D'où il advint que nos deux châteaux furent brûlés :, et le roi de Sicile en était si hors de sens qu'il se voulait aller lancer dans le feu pour l'éteindre ; et s'il en fut courroucé, moi et mes chevaliers nous en louâmes Dieu -, car si nous eussions fait le guet le soir, nous eussions été tous brûlés.
2 11. Quand le roi vit cela, il envoya quérir tous les barons de l'armée, et les pria que chacun lui donnât du bois de ses nefs pour faire un chat pour boucher le fleuve ; et il leur montra bien clairement qu'il n'y avait pas de bois dont on le pût faire, si ce n'était le bois des nefs qui avaient amené nos bagages en amont du fleuve. Ils en donnèrent ce que chacun voulut, et quand ce chat fut fait, le bois fut prisé à dix mille livres et plus.
212. Le roi décida aussi que l'on n'avancerait pas le chat sur la chaussée jusques à tant que le jour viendrait où le roi de Sicile devait faire le guet, pour réparer le malheur arrivé aux autres chats-châteaux, qui furent brûlés pendant son guet. Ainsi qu'on l'avait réglé, ainsi fut faif, car sitôt que le roi de Sicile fut venu à son guet , il fit pousser le chat jusques au lieu où les deux autres chats-châteaux avaient été brûlés.
2 1 3. Quand les Sarrasins le virent, ils arrangèrent que tous leurs seize engins tireraient sur la chaussée, là oiilt chat était venu. Et quand ils virent que nos gens redoutaient d'aller au chat , à cause des pierres des engins qui tombaient sur la chaussée par où le chat était venu , ils amenèrent la pierrière , et lancèrent le feu grégeois sur le chat et le brûlèrent tout. C'est une grande courtoisie que Dieu fit à moi et à mes chevaliers* car nous eussions le soir fait le guet en grand péril, ainsi que nous eussions fait à l'autre guet dont je vous ai parlé ci-devant.