‹ Jeanne d'Arc à RouenChapitre 61 sur 62 · ACTE V, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIII

» Du héros de Créci la race foudroyée ?. . .

» Et toi, monarque enfant, que nos murs asservis » Ont vu ceindre un moment le bandeau de Clovis ,

» Le trône sous tes pieds couvre un sanglant abîme !...» Elle allait achever ; de l’auguste victime Tout à coup les clairons , au loin retentissans , Interrompent la voix, étouffent les accens *.

Calme et Cère à la fois , elle a vu l’artifice Des monstres empressés de hâter son supplice ,

Et semble , au feu divin qui brille dans ses yeux ,

Déjà quitter la terre et voler vers les cieux.

L’horreur avait glacé tout le peuple immobile....

Dans ce silence affreux, des portes delà ville S’élève un bruit lointain d’armes et de guerriers;

La terre a retenti sous les pas des coursiers;.

Et le bruit qui s’accroît , de la foule attentive ' Détourne les regards, tient l’oreille captive;

D’un mouvement confus tout frémit agité ;

D’espérance, d’effroi les cœurs ont palpité;

Et déjà de plus près , dans sa course rapide ,

Nos yeux ont distingué votre garde intrépide.

A leur tête apparaît , ardent , impétueux ,

Un guerrier , le fer nu , le front majestueux...

C’est Talbot ! il accourt, il approche, il s’écrie : Arrêtez , inhumains, ou craignez ma furie !

Arrêtez!... A ces mots jusqu’à nous arrivés Le peuple entier s’émeut, et ses flots soulevés

* Le fait relaté dans ce vers est conforme à l’histoire du temps.

Du bûcher que défend une enceinte guerrière ,

A travers les soldats , assiègent la barrière -,

Mais , tout près d’affronter un bras toujours vainqueur , L’implacable Warwick , dont le perfide cœur Craint de perdre le fruit de son horrible trame Ordoune qu’au bûcher on attache la flamme ,

Et , le glaive à la main , ranimant ses soldats ,

Au-devant du héros précipite ses pas.

Indigné , furieux au seul aspect du traître ,

L’intrépide Talbot.... Mais je le vois paraître,

Et de sa bouche ici vous allez tout savoir...

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