‹ Jeanne d'ArcChapitre 5 sur 95 · A LA ME310IRE · texte numérisé non relu

A LA ME310IRE

S. A. R. LA PRirSCESSE MARIE.

Hoiriiiiage de lespecl à la Fille de Fiance; Hommage d'admiration à l'Artiste euioijéenne.

Alex, DUMAS

Voici lin de ces livres qu'il faut lire comme il a été écrit, avec la foi.

Jeanne d'Arc est le Christ de la France; elle a racheté les crimes de la monarchie , comme Jésus a racheté les péchés du monde : comme Jésus , elle a eu sa passion ; comme Jésus, elle a eu son Golgolha et son Calvaire.

Trois femmes impudiques avaient perdu la France ; Éléonore de Guyenne, femme de Louis-le-Jeune ; Isabelle de France , femme d'Edouard H ; Isabelle de Bavière , fenune de Charles Vf.

Une Vierge la sauva.

Éléonore de Guyenne , pendant la croisade de son mari en Palestine, s'était éprise d'un jeune Turc nommé Salah- Eddin. Pour lui, reine, femme et chrétienne, elle avait tout oublié, patrie, époux, religion. A son retour en France, Louis-le-Jeune, au lieu de la punir de la mort des adultères, ou tout au moins de lui faire raser les cheveux et de l'en^'eimer dans un cloître, se contenta de la répudier en lui laissant emporter tous ses héritages : alors elle épousa le roi d'Angleterre, qui réunit ainsi à son trône d'outre-mer les duchés de Normandie et d'Aquitaine, les comtés de Poitou, du Maine, de Touraine et d'Anjou , et qui devint par conséquent l'un des plus redoutables vassaux delà couronne; de là, les prétentions de l'Angleterre sur le continent.

Isabf'lle do France épousa Edouard II : épouse adultère, elle fut bientôt reine parricide. Mais, sœur de Charles-le- Bel, son fils Edouard III se trouva , à la mort du roi de France , plus près de la couronne de France que Philippe de Valois, puisque ce dernier n'était que cousin de Charlesle-Bel, et qu'Edouard III était son neveu; mais les barons du royaume firent à Edouard III l'application de la loi salique , en lui préférant Philippe de Valois. De là les prélentions de l'Angleterre sur la couronne de France : de là les lis qu'elle portait dans ses armes , et qui n'ont disparu que lorsque Napoléon les gratta du bout de l'épée de Marengo et d'Austerlitz.

Enfin, Isabelle de Bavière, qui, comme les précédentes, reine infidèle , épouse impudique , et de plus mère dénaturée, se ligna avec le roi d'Angleterre, appela l'ennemi en France, et reconnut Henri VI pour roi, à l'exclusion de son propre fils.

Ce fut alors que parut Jehanne-la-Pucelle. Un an lui suffît pour sauver la France : venue de Dieu, elle retourna à Dieu ; seulement elle était descendue du ciel avec la couronne des anges, elle y remonta avec la palme du martyre.

Ainsi mourut Jehanne-la-Pucelle, Vendue aux Anglais par un misérable, jugée par un tribunal inique, et mise à mort par des bourreaux infâmes , Charles , dont elle avait sauvé le royaume, ne fit pas un pas, pas une démarche , pas un mouvement pour la sauver.

Dieu le punit.

Charles mourut de faim, dans la crainte qu'il avait d'être empoisonné par son fils Louis XI, et, trente-sept ans après sa mort, sa race s'éteignit dans la personne de Charles VII f, son petit-fils.

JEHANNEvLA-PUCRLLE

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