‹ Jeanne d'ArcChapitre 83 sur 95 · SIXIÈME INTERROGATOIRE · texte numérisé non relu

SIXIÈME INTERROGATOIRE

[Du samedi 3 mars).

Le samedy ensuivant , qui fut le troisiesme jour de mars , pour la sixiesme session , comparut ladite Jehanne ; et fut requise et priée par les assistants de jurer simplement et absolument de dire vérité de tout ce qui lui sera demandé. r.es| ond . « Je suis preste de jurer ainsi que » autres fois j'ay juré. » F.t puis jm-a sur les sainis Evangiles.

Item, derechef , ])ar le commandement de mou&eij^ncur l'évesque de Beauvais, ledil maislre Jehan 15eau-rère interrogea Jehanne, en lui récitant qu'elle avoit dit que saint Michel avoit apparu à elle; et avec ce, de saintes Catherine et Marguerite , qu'elle ne avoit parlé de corps oi njembre. Respond : « Je vous en ay dit ce que je sçay, et ne vous en res " pondray autre chose. »

ou

408 ANALYSE J^AJSO^^CE

llem , tlil : qu'elle les a si l)icii vus, qu'elle sraii bien qu'ils soiU saiuts pt s:iiufts CM Paradis.

Interrogée se elle a veii autre cliore que le visaj^e, respond : » Je vous » en ay dit ce que je sçny. J'aiuieruis mieux que vous me fissiez tran- » clier le roi. »

Item , dit : que tout ce qu'elle sçait touchant le procès, elle le dira volontiers.

lulcrrogec se saint Michel et saint Gabriel ont testes naturellement , r(sj)ond : « Oui , à mes ymix. Kt crois (jue ce soycnt-ils , aussi ferme- » ment comme Dieu est. »

Inf^rrojjc'e se elle croit que Dieu les ayt formés en ces testes èsquelles elle les a veus, respond : » Je les ai vus en mes yeux; je ne vous » en diray ,';utre cliose. »

Iiiierro,';ée se elle croit que Dieu les ayt formés en ces testes èsquelles elle les a vciis , resj)ond : que oui.

Interro(}ée se elle croit que en celle forme et manière Dieu les ayt t;ré( s du commencement , respond : « Vous ne aurez autre chose pour » le présent , fors ce que j'ay rcspondii »

Intel rojjéo se elle avoit vcu ou sceu j)ar révélations que elle eschap- ])Ciotl, respond : <> (lela ne touche point vostrc procès; voulez-vous que je pa' le contre moy ? »

Interrogée se les voix lui en ont rien dit , respond : « Cela n'est » point de vostrc procès; je me attends à Monseigneur, qui en fera son » {)laisir. »

Dit outre : « Par ma foy ! je ne sçay Theure ne le jour. Le plaisir de » Dieu soit fait ! »

Interrogée se ses voiv lui ont rien dit en général , respond : « Oui ') vraiment ! elles m'ont dit que je seray deslivrée, mais ne sçay le jour " ne l'heure ; et que je fasse bonne chère hardiment. »

Interrogée quand elle vint piemièrement devers son roy. se il lui demanda se elle avoit révélation de muer ' son habit, respond : « Je vous » en ay respoiulu ; et toulesfois ne me souvient se il me fut demande. •> Dit que ce est en e&cript à Poitiers.

Interrogée se les maistres qui la examinèrent eu l'antre obéissance, les uns par un mois, les autres par trois sepmaiues, se ils la interrogèrent point de la miilalion de son hal)it, respond; » Je ne m'en sou- » vi ns. » Toiitesfois elle dit qu'ils la interrogèrent oii elle avoit prins tel habillement d'Iiomm ■ ; et elle leur dit que ce avoit esté à Vaucouleiirs.

Interrogée se ils lui demandèrent point qu'elle l'eust prins par fes voix, res|)ond : » Je ne m'en souviens. *>

Interrogée, quand elle alla ])remicrpmcnt visiter la royne , se elle lui «Icnianda point de ses habits, respond: « Je ne m'en souviens, •>

Interrogée se le roy ou la roytie, ou aiures de son pariy, la requirent point de mettre son habit jus, et de piendre habit de femme, respond: « Cela n'est point de vostre ))rocès. »

Interrogée se, à Ueaurevoir, elle en fiu requise, respond : «Oui vrai- >i nient ! Il je respondis que je ne le muerois point sans le congé de » Nostre-Seigneur. »

Item, dit: que la demoiselle de Luxembourg requit à monseigneur de Luxembolug qu'elle ne fust point livrée aux Anglois.

1 CliaiigFr.

btS DOCtMti\TS StU LA. l»LCliLLE. 40D

Ilciti, dit ([lie la (ItinoisLlIc ('c Iiixcinhoiu-j; cl la danic tic Heauievoir lui offiircnt liahil de fciniiif on drap à le faire, cl lui icrjuireiil finVlle le porlast ; el elle respondit (ju'ello n'en avoii point le congé de Moslre- Sci{;neur ; et qn'd n'esloil j>as cncnre temps.

lnteiTO{^;ée se ninnscijînein- Jehan de Pressy et antres lui offrirent point habit de femme, respond: « Lui et autres le m'ont plusieurs fois » offert. »

lnierro{;ée se elle croit qu'elle cnst fait pesclié mortel de prendre lialiit de femme, respond : qu'elle fait mieux d'obéir et servir son seigneur , c'est à sçavoir Dieu , que aux hommes.

Ilcni, dit : que se elle l'eust dcu faire, elle l'enst pluslost fait à la reqiieste de ces deux dames , que d'autres dames qui soient en France, excepte la royne.

Interrogée, quand Dieu lui révéla qiiMle mnast son habit, ce se fut par la voix de saint Michel, de sainte (Catherine ou sainte Margneiite , respond : « Vous n'en aurez maintenant an ire chose. »

Interrogée, quand son roy la mit en œuvre et elle fit faire son estendard , se les gens d'armes el autres gens de guerre firent faire p;nnonccaiix à la manière du sien , respond : « Il est bon de sçavoir C|ue les » seigneurs mainlenoient leurs armes, et non autres. "

Item , dit : que les aucuns compagnons de guerre en firent faire à leur plaisir, les autres non.

Interrogée de quelles matières ils les firent faire, se ce fut de toile ou de drap, respond : i. C'estoit de blanc satin ; et y en avoit eu aucuns » de fleurs de lys. » Et se dit qu'elle n'avoit que deux ou trois lances de sa compagnée; mais les compagnons de guerre, auciuies fois , en faisoient faire à la send>lance des siens , seulemcni pour coignoislre les .'■iens des autres.

Interrogée s'ils cstoient guières souvent renouvelles, respond: <-. Je » ne scay ; quand les lances esloient rompues, on en faisoit de nou- » veaux. »

Interrogée se elle dit jioint que les pennonceaux qui esloient à la semblancc des siens cstoient heuren.r. respond : qu'elle leur disoit aucunes fois: « Entrez hardiment parniy les Ang'ois; » et clle-nicsme y cnlroit.

Interrogée se elle leur dit que ils le ])orlasscnt hardiment , et qu'ils aiiroienl bonheur, respond : que elle l< ur dit bien ce qui cstoit venu , cl viendroit encore.

Interrogée se elle meltoit ou faisoit point mettre de l'eau-benoisie sur les pennoiTce.iux , quand on les prenoit de nouvel , respond : « Je » n'en sçay i ien ; et se il a esté fait , ce n'a ])as esté de mon commande- II ment. »

Interrogée se elle en y a jioint vcu jelter, respond : « Cela n'est point » de vostre procès: » et se »llc y en a ven jelter, elle n'est point adviséc de maintenant respondre.

Interrogée se les compagnons de guerrr- faisoient ])oint mettre en leiMs pennonceaux : Jesns , Mar'n , respond: « Par ma foy ! je n'en )) sçay rien »

Inierrogée se elle n'a point fonrny ou fait toiles^iar manière de procession eniour un chaslel ou église, pour faire des pennonceaux , resl)ond : fjue non, et n'en a riens vcu faire.

Interrogée, quanil elle fut devant Jarjcau, (juc c'estoit ijuc elle por

410 ANALYSE RÀISONNEÈ

Ibil derrière son heaiiline, et s'il y avoit aucune cliose , respiand ; » Par ') n)a foy ! il n'y avoil rien. »

IiitciTogiîe se elle cogiiiiL un frcie Ricliaid , respond : « Je ne l'avois » oncques veu quand je vins dcvanl Troyes. »

Inlerrogée quelle fchère frère Richard lui fit, respond : que ceux de la ville de Troyes , comme elle pense , l'envoyèrent devers elle , donhtanls et disants cpi'ils douhloient rjue ce ne fnsl pas cliose de par Dieu ; cl fpiand il vint devers elle , en approchant , il faisoit le sif[ne de la croix , et jetioit cau-benoiste , et elle lui dit : « Approchez hardiment, » je ne m'en voleray pas. »

Interrogée se elle avoit ])oint vu on fait faire aucunes images ou peintures d'elle, et à sa send)iance, respond: qu'elle vit à Heims une peinture en la main d'un Escossois ; et y avoit la semblance d'elle, tonte armée, qui prcsentoit une ieltre à son roy, et estoit agenouillée d'un genonil; et que oncques ne >il ou fit faire autre image ou peinture en SI semblance.

Interrogée d'un tablel qui est cieix ' son hoste , où il y avoit Justice, Paix et Union , respond : qu'elle n'en sçait riens.

Interrogée se elle sçait ])oinl se ceux de son party aycnt fait service , messe ou oroison pour elle, respond: qu'elle n'en sçait riens; et se ils en ont fait service , ne l'ont point fiiit par son commandemcni ; et se ils ont prié pour elle , il lui est advis que ils n'ont point fait de mal.

Interrogée se ceux de son parly croyent ferinenient que elle soit envoyée de par Uieu , respond : << Je ne sçay se ils croyent , et m'en at- » tends à leur courage; mais se ils ne croyent ^, je suis envoyée de par » Dieu. »

Interrogée se elle cuide pas que , en croyant que elle soit envoyée de par Dieu, qu'ils ayent bonne créance. Resjjond : « Se ils croyent que je " suis envoy('e de par Dieu, ils ne sont point abusés. «

Interrogée se elle scavoil point bien le courage ^ de ceux de son parly, rpiand ils lui baisoient les pieds et les mains, et les vestements, respond: « Beaucoup de gens me voyenl volonliers ; » et qu'ils baisoient le nioins ses vestements qu'elle pouvoir. Mais dit: que les pauvres gens vcnoient volonliers à elle , pource que elle ne leur faisoit point de desplaisir, mais les snpportoii et gardoit à son pouvoir.

Interrogée quelle révérence lu. tirent ceux de Troyes à l'entrée, respond : « Ils ne m'en firent point. » Et dit outre : que, à son advis, frère Richard estoii quand eux ^ à l'royes; mais n'a point souvenance se elle le vit à l'enirée.

Interrogée se il fit point de sermon à l'entrée de la venue d'elle , respond: qu'elle n'y arresta guières et n'y fut oncques; et cptant au sermon , elle n'eu scait rien.

Interrogée se elle fust guières de jours à Reims, respond : « Je croys » f^ue nous y fusmes quatre ou cinq jours. »

Iniorrogée se elle y leva point d'enfant, respond : que à Tioyes en leva un; mais à Reims n'en a point de mémoire, ne an Chasteau-Thierry; et aussi en leva deux à Saint-Denis, et volonliers raelloit nom aux fils,

1 Chez.

2 C'esi-à-dire : iors même qu'ils n'ajouleraieol aucune foi à ma mission, je n'tn suis pas luoius envoyée de par Dieu.

;i L'mteiition.

4 Avec eux.

(Charles, pour l'honneur de son roy, ri niix filles , Jelianne ; et aucunes fois selon que les mères vouloient.

Intcrrof^ée se les lionnes f'cninies louclioicnt point leurs anneaux à l'annel qu'elle porloit , respoiid : que maintes femmes ont louclit- à SCS mains et ses anneaux , mais ne sçait point leur ctnuMj^c et intention.

Interrogée qui furent de sa compa[;uée qui prindrent pavillons devant le cTiasteau-Tliierry en son estendart , respond : qu'il n'en fut oncques fait ou dit de leur parly, mais ont esté ceux du parly de deçà qui l'ont controuve.

Interrogée qu'elle fit à Reims de gnns que fon roy fit f;iire, respond: u II Y eut une livrée de gans pour ))aill('r aux chevaliers et nobles qui » là esioient ; et y en eut un qui perdit ses gans : mais ne dit point » qu'elle les feroil retrouver. >■

Item, dit : que son eslemlart fut en l'éfjlise de Reims; et il liii semhle qu'il fut jirès de l'autel, et elle^mesme l'y tint im peu; et ne sçait point que frère Richard le tint.

Interrogée , quand elle alloit par pays, se elle recepvoit souvent le sacrement de confession et de l'autel , quand, elle venoit es bonnes villes, respond : que oui , aucunes fois.

Interrogée se elle recepvoit lesdits sacrements en habit d'homme , respond : que jamais n'a point de mémoire de les avoir receus en armes.

Interrogée pourquoy elle ])riut la haqucnée de l'évesque de Senlis, respond : " Elle fut acheptéc deux cents saints. Se il les eut ou non , ne r sçay, mais en eut assignation ou en fut payé. » Et si lui rescripvit : que il la rauroit s'il vou'oit; et que elle ne la vouloit point; car elle ne valoit rien pour souffrir peine.

Interrogée quel âge avoit l'enfant à Lagtiy, que elle alla visiter , respond : a. L'enfant avoit trois jours. » Et fut apporté à Lagny, à Noslre- » Dame; et lui fut dit que les pucelles de la ville estoieiit devant iNoslie-Dame , et qu'elle v vonlsit domicr vie ; et y alla ; et ])ria Dieu avec les autres; et tinablement y apparut vie, et bâilla trois fi)is; et puis fut baptisé; et taniosi mourut, et fut enterré en terre sainte; et y avoit trois jours , connue l'on disoit que en l'enfant n'y avoit apparu vie, et esloit noir (ouime sa cotte ; mais quand il bâilla, la coideur lui commença à revenir; et estoit avec les pucelles à genouils devant Mostre-Dame à faire sa prière.

Interrogée se il fut point dit par la ville que ce avoit-eile fait, et que c'estoil à sa prière, respond: « Je ne m'en enquerois point. »

Internigée se elle ne cognut point Catherine de La Rochelle, ou se elle l'avoit vue, respoiul : que oui à Jargeau , et au Monifaucon en Rerry.

Interrogée se elle lui monstra point une femme ve.^tue de blanc, qu'elle disoit qui lui apparoissoit aucunes fois, respond : que non.

Interrogée qu'elle lui dit, respond : que celle Catherine lui dit qu'il venoit une femme, une dame blanche, vestue de drap d'or, qui lui disoit qu'elle allast par les bonnes villes, et que le roy lui baiJast des chevaux et trompettes, pour faire ouvr : que quiconque auroitor, argent ou thrésor, qu'il rapporlast tantosl; et que ceux qui ne le feroient, et que ceux qui en aiiroient de caché , qu'elle les cognoistroit bien, et sçauroit trouver lesdits ihrésors , et que ce seroit pour payer les gens d armes d'irelle Jelianne. A laquelle elle resporulit : qu'elle reioin-nasl

4 I 2 Ai\ALlSE RAISOMVÉe

à son mary, faire son mesnagc et nonirir ses enfants. Et ponr en sravoir la vérité , elle en parla à sainte Catherine et sainte Mar{]nerite , qui lui dirent que ces faits d'icelle Catherine n'estoient que folie et toute nienierie. Et escripvit à son roy qu'il lui diroit ce qu'elle en debvoit faire. Et quand elle viiu, elle lui dit que du fait de ladite Catherine n'esloit que folie cl meniciie. 'l'ouiesfois , frère Richard vouloit que on la niist en oeuvre, ce que elle ne voidut souffrir ; dont ledit fi ère Richard et ladiie Catherine ne furent pas contents de elle.

Inierrogo'e se elle parla |ioint à ladite Catherine de La Rochelle , du fait de aller à la Charité, rcspond : que, à ladite Catherine, ne lui conseilloit point (pi'clle y allast, et que il (aisoil trop froid, qu'elle n'y debvoii point aller.

Item, dit à ladite Catherine, qui vouloit aller devers le duc de Bonr- {jourjiiC pour f.iire paix : qu'il lui senihloil qu'on n'y trouveroit point de paix, se ce n'esioil par le bout de la lance.

Ilcin , dit : qu'el e demanda à sainte Catherine , se celle dame venoit toutes les nuits, et poiu' ce, qu'elle coucheroit avec elle; et y coucha , et veilla jusques à m. nuit , et ne vit rien , et puis s'endormit ; et quand vint au malin , elle demanda se elle estoit venue ; et lui resjjondit qu'elle estoit venue alors qu t lie dormoit , et ne l'avoit pu esveiller ; et alors lui denianla s'cle ne viendroit le lendemain ; et ladite Catherine lui respoudit que oui. Pour laquelle chose voidut dormir icelle Jehanne de joiM-, alin (pi elle pust veiller la nuit ; et ( oucha ladite nuit ensuivant avec ladite Catherine, et veilla toute la nuii; mais ne vil rien, combien que souvent dciiundast: « Viendra-l-elle bientost; » et ladite Catherine lui respondii : ■- Oui lanîost. »

Interrogée qu'elle fit sur les fossés de la Charité, respond : qu'elh- y fit faire un assaut. Et dit: qu'elle n'y jetta ne fit jclter d'eau par manière de aspersion,

Inlerrogee poiir(pioy elle n'y entra, puisqu'elle avoit commandenienl de Dieu , respond : « Qui vous a dit que je avois commandement d'y » en lier? »

Interrogée se elle en eut point de consL'il de sa voix, respond: qu'elle s'en vouloit venir en France; mais les gens d'armes lui dirent que c'estoit le mieux d'aller devant la Chai lié premièremenl.

Inlerro;;ée se elle fui longuement en celle tour de Beaurevoir , respond : qu'elle y fut quatre mois ou environ. El puis dit: quand elle sceut les xAnglois venir, elle fut moult courroucée ; el tnutesfois les voix lui defiendirent p'usicurs fois qu'elle en saillist; et enfin , pour la double des Anglois , saillit et se reconniianda à Dieu el à Noslre-Damc; ce nonobsianl e le fut blessée. Et après qu'elle fut saillie , la voix sainte Catherine lui dit qu'elle fist bornie chère et qu'elle guériroit , cl que ceux de Compiègne auroient secours.

Itew, dit : qu'elle prioit pour ceux de Compiègne, tousjours avec son conseil.

Interrogée qu'il advint quand elle eut sailly et qu'elle le dist, respond : que aucuns disoienl qu'elle estoit morte ; et tantosi que les Bourguignon-^ virent qu'elle esloit en vie, ils lui demandèrent pourqtioy elle estoit saillie.

Interrogée se elle dit point qu'elle aimast mieux mourir que d'esire en la main des Anglois, resjjond : qu'elle aimeroil mieux rendre l'ame que d'estre en la main des Anglois.

Inierro.';éc se elle se courrouça point et si el'c blasphéma point le

DES DOCUMENTS SLR LA I»l CELLE. 413

nom de Dieu, respoiul : qu'elle n'eu IjlaspluMua oucques ne saiui ne sainte, et qu'elle n'a point accouslinné à jurer.

Inter:o{jée du fait de Soissous, pour ce que le capitaine avoit rendu la ville, ei se elle avoit point resuyé Dieu, si? elle le tenoit, qu'elle le feroit tran( lier en quatre pièces, respond : qu'elle m» resuva onccpies saint ne sainte; et (|ue ceux qui l'oiil dit ou rapporté ont mal entendu , car oncques en sa vie ne jin'a, ne idaspliéma le nom de Dieu ne de ses saints. « Et pour ce, je vous supplie, passez outre. >>

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