LE LIVRE DE GUIDO GOERRES
t en même temps à la science historique une itribution d'élite. Le travail de Guido Goerres t un retentissement prolongé. On ignore en ttéral que Montalembert aurait dévoué à Jeanne ^rc son jeune talent d'historien, si Guido erres n'avait pris les devants ; nous en avons mme témoin Montalembert lui-môme qui, le décembre 1836, annonçant à Joseph Goerres pparition de sa Sainte Elisabeth^ ajoutait, en opres termes : « Je me suis décidé maintenant ur saint Bernard, sujet gigantesque et bien aussus de ma portée, mais que j'oserais efileurerà faut d'autres plus dignes. J'aurais beaucoup préré Charlemagne ou Jeanne d'Arc, si votre fils ne avait coupé l'herbe sous le pied*. » Un autre cteur français ne trouva pas moins d'intérêt que ontalembert à cette biographie allemande de anne d'Arc : ce fut le duc de Bordeaux en pcrnne. De Rome, en 1840, il écrivit à Joseph )erres pour le féliciter^ ; et Guido, qui se trouvait Drs à Paris, fut très heureux de ce témoignage yal, d'autant qu'autour de lui, comme il l'écri-
Josoph von Goerres, Gesammelle Briefe, Ht, p. 4o2 (Munich, îrarisch-Arlislische Anstalt, 1874). — Cf. Historisch-polit ische etter, 1852, XXX, p. 139. l'oraison funèbre do Guido par le édictin Haneberg : « Avec ce livre, Goerres eut la joie d'exci- Témulation d'un des plus grands orateurs, d'une des plus stres personnalités de la France. »
Joseph von Goerres, Gesammelle Briefe, ITI, p. 529.
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vait à son père, beaucoup de gens s'intéressaien au duc de Bordeaux, et qu'en dépit de leuri « chances médiocrement brillantes », les « légiti mistes reprenaient courage* ». Après Montalem bert, après l'héritier de la légitimité, c'était h Pape lui-même qui, en 1841, complimentait Guid( Goerres pour la traduction italienne de son livre « Est-ce de votre père ou de vous? »,luidemandî Grégoire XVI. Guido se déclarant l'auteur, h pape reprit: « mi rallegro! >>, et la conversa lion, bientôt, par une douloureuse associatioi d'idées qui rendait la transition toute naturelle prit congé de Jeanne d'Arc pour passer à Voltaire- Le livre de Guido Goerres, objet d'une si longui attention et de si hautes bienveillances, fut ei 1843 traduit en français par Léon Bore, et la tra duction a été réimprimée en 1886\
L'année môme oii était parue la première éditioi du livre de Guido Goerres, l'historien Léo, qu
' Joseph von Goerres, Gesammelle Briefe, I, pp. 412-413 (Mi nicli, Literarisch-Artistische Anstalt, 4858).
* Joseph von Goerres, Gesammelle Briefe, I, p. 453.
^ Une première traduction parut en Belgique en 1840. (Bn xelics, De Mat.) — La traduction de Bore (Paris, Périsse, 484î lut réimprimée chez Leco/Tre en 188G. — AJgr Dupanloup se con plut à citer le livre de Guido Goerres, parmi les documents qu' ajouta à son premier panégyrique de Jeanne d*Arc, prononcé e 4855 (Orléans, Gatincau). 11 avait d'ailleurs, en 1842, connu pei sonnellement Guido Goerres à Rome. {B'in<}er, Historischpolitisch Blaelter. i" juin 1905, p. 805.)