‹ Jeanne d'Arc devant l'opinion alle-Chapitre 14 sur 23 · LE LIVRE DE GUIDO GOERRES · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE GUIDO GOERRES

st fait un nom, en Allemagne, par ses travaux r l'Italie du moyen âge, composait pour VEncyjpédie générale d'Ersch et Gruber Tarticle sur ianne d'Arc. Simple résumé des pages que Baranle inaitdc consacrer à la Pucelle, l'article prenait 1 quelque mesure la portée d'un manifeste, grâce ux déclarations très formelles et presque pasionnéesqu'y prodiguait Léo contre le matériaisme du xvm*^ siècle. Plusieurs fois en son exisence d'historien, Léo fut accusé de sympathies )our le catholicisme; il fut mémo soupçonné, )arfois, d'être à la veille d'une conversion. Ce qui îst certain, c'est qu'en Tannée 1834 un historien lalholique, Guîdo Gocrres, et un historien protestant, Léo, mettaient l'un et l'autre en relief, celuilà dans un livre, celui-ci dans un article, le caracl^rc surnaturel de la Pucelle d'Orléans.

LES PÈLERINAGES DE GUIDO GUERRES A LA RECHER- CHE DE JEANNE D'ARC : UN ALLEMAND PRÉCUR- SEUR DE QUICHERAT.

Serait-il dans la destinée de ceux qui ont une première fois étudié Jeanne, de vouloir sans cesse y revenir, pour la contempler de plus près? De môme que nous avons failli posséder une seconde Jeanne d'Arc, de Schiller, de même nous avons failli posséder une seconde J<?a/ïne d'Arc^ de Guido Goerrcs. Endécembre 1835, Guido faisait à la bibliothèque de Vienne quelques recherches nouvelles sur la Piicelle ^ ; en février 1837, il s'inquiétait auprès de Bochmer, le grand historien francfortois, de ce qu'on pouvait, à Berne, trouver sur elle"; et puis, sa piété l'y poussant, et le succès l'encourageant, Guido priteul839 lechemin de France, pour accomplir un pèlerinage dans tous les endroits qu'avait illustrés

' Joscpli von Goerrcs, Gesammelle Briefe, I, p. 364. - Iloelimcr, Briefe, I, p. 245 (Fribourg, Herder, 1868).

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laPucelle, et pour interroger, sur elle, les manuscrits. Les lettres qu'au cours de ce voyage, il échangeait avec son père, furent publiées à Munich, en 1858, par sa sœur Marie Goerres : elles nous renseignent, au jour le jour, sur ses excursions et sur ses recherches.Le21 juillet, il trouvait à Berne un manuscrit concernant la Pucelle,qui d'ailleurs, dit-il, n'était pas d'une particulière importance* . Il travaillait deux jours aux archives de Dijon, sans grand résultat^ ; puis il remontait vers les Vosges ; le 27, il visitait Domremy, et le 28, en pleine fôte nationale, il survenait à Vaucouleurs, oiiles illuminations lui parurent maigres et la population médiocrement enthousiaste^; de là, il gagna Paris, et travailla tellement dans les bibliothèques, qu'il n'eut vraisemblablement plus le lemps d'écrire ù sa famille. C'est le 15 septembre seulement qu'il donne de ses nouvelles, et la lettre est datée d'Orléans :

« On te demandera sans doute assez souvent, écrit-il à son père, à quel degré de longitude et de latitude se trouve lo puceau sur la piste de lapucelle : c'est de l'ancien champ de bataille de la Pucelle que je t'écris ces lignes... Depuis sept jours je suis seul ici, et j'ai continué mon vieux métier de

* Joseph von Goerres, Gesammelte Briefe, I, p. 387.

* Ici., op. cit., I, p. 301.

•^ Ici., op. cit. l. pp. 388 et 392.

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