UN ALLEMAND PRÉCURSEUR DE QUICHERAT
copiste. Si j'avais le temps, ici, de tout inspecter dans le détail, je trouverais encore du travail, amplement, pour quatorze jours, mais j'ai brisé mon filet, et demain matin de bonne heure, tout équipé, je descendrai la Loire en bateau (c incxplosible », la Loire pauvre en eau, jusqu'à la célèbre Touraind, d'où je reviendrai par Chartres.
« Orléans est une ville tranquille, à demiancienne, à demi-vieille mode (JHalb ait iind halb altmodisch)^ quoiqu'on ait tout fait, et que présentement on travaille activement pour lui faire une toilette nouvelle. Il me semble toujours davantage que les provinces françaises soient ce que chez nous on nomme vulgairement capout. Si de Paris quelque réaction ne se produit pas sur la province, ce n'est point de la province qu'on puisse attendre grand'chose en sens inverse. Tout ce que j'ai vu jusqu'ici indique une stagnation complète, sans sève, sans force, sans vie. Les provinciaux sont si parfaitement conscients de leur manque d'importance, qu'ils ne s'avisent même pas d'avoir une opinion propre. Aux vacances, ils vont à Paris pour s'amuser ^ ».
Ayant jeté à la poste ces impressions un peu
' Id.y op. cit., I, pp. 394-395. — Guido Goerres, à Orléans, ne lut pas isolé : il avait connu en Allemagne un jeune Orléanais nommé Magarin, qui le conduisit dans sa famille, à quelque
distance do la villo.