‹ Jeanne d'Arc devant l'opinion alle-Chapitre 4 sur 23 · LES CONTEMPORAINS ALLEMANDS DE JEANNE D ARC · texte numérisé non relu

LES CONTEMPORAINS ALLEMANDS DE JEANNE D ARC

ro\H\ « Des pierres furent jetées sur la Pucelle, lit-on dans la première lettre, mais elle ne reçut aucun mal, par la grâce de Dieu qui la préserva... * )) lit, dans la seconde : « Bien sûr, ce que Ton dit est vrai, que tout ce que le Dauphin et la I Pucelle entreprennent, leur réussit en tout sans aucune résistance'". »

Une autre mention qu'on ne saurait omettre, est le passaj^e que consacrait à Jeanne d'Arc, à la date de 1421), Y Histoire inùverselle, du dominicain Ilermann Corné rius : recueillant dans son lointain couvent de rAUemagne septentrionale « ce qu'afiirmaient d'une commune voix ceux qui venaient des contrées françaises », il notait, en 1429, que, « par la vertu de Jeanne ou mieux par la vertu de Dieu qui agissait en elle, » les Français étaient victorieux ; et que, sous son influence, « Charles Vil, devenu un autre homme, promettait de se conduire entièrement selon les conseils de la jeune iille envoyée par Dieu' ».

L'opinion allemande, ainsi formée, devait naturellement saluer la Pucelle comme une force invulnérable et invincible, par la grâce de Dieu.

' Quicherat, V, pp. 350-3ol.

^ Quicherat, V. p. 355.

^ Ayiolles, La Vierge guerrière, pp. 279-281 (Paris, Rondelet,

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S avons la preuve, même, que certaines espèces, au delà du Rhin, faisaient appel à la mysmse jeune fille pour mettre un terme aux blés religieux de la Germanie. Quoi qu'on se de Tauthenticité de la lettre de Taumônier ]uerel, par laquelle Jeanne menace les Hus- 5 \ un fait du moins est certain, c'est qu'en l, dans une pièce jouée à Ratisbonne et dont ujet était la guerre contre les hérétiques de ême, la Pucelle avait un rôle '\ Il semble donc lu moment même où les imaginations, un peu out dans la chrétienté, avaient rêvé pour la elle la direction d'une croisade % l'Allemagne, , avait établi je ne sais quel lien entre Tappa- )n de Jeanne d'Arc et Turgente nécessité de cette sade spéciale qui intéressait les populations iianiques, la croisade contre le hussitisme.

le document fut publié pour la première fois en 1834. par layr, l'archiviste de Louis de Bavière, dans le Taschenbuch Vaterlândische Geschichte : Ilormayr en donnait le texte land. M. Sickel, ult«^rieureinent, en trouva aux archives de ne le texte latin, et le publia dans la Bifdiothèque de VEcole Chartes (septembre 1860-aoùt 1861): il défendit l'authenticité L lettre contre les doutes soulevés par M. Wallon, et émit )othèse qu'un Bohémien en voyage ou quelque ennemi des ,ites avait décidé Jeanne à charger son aumônier Pasquerel •ire en son nom aux Hussites. M. Wallon s'est plus tard 3 aux conclusions de M. Sickel [Jeanne d'Arc, I, pp. 447-450, lette, 1901.) Juicherat, V, p. 82.

JoÏT notre livre : Les nations apôtres^ vieille France, jeune Tiagne, pp. 19-29 (Paris, Perrin, 1903, 3e édit.).

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Mais dans cette vallée Rhénane où survenaient, plus rapides et plus fréquents, les souffles de France, les documents relatifs à Jeanne, en l'année 1429, sont singulièrement plus explicites et plus copieux: Tun émane de Cologne, le second de Spire, le troisième de Mayence. Henri de Gorkum était un tout jeune professeur de TUniversite' de Cologne loisqu'en juin 1429, « à la gloire delà bénite Trinité, de la glorieuse et toujours Vierge Mère de Dieu, et de toute la cour céleste », il exposait la réputation de Jeanne, les raisons qui militaient pour le bon aloi de sa mission, les raisons qu'on y pouvait objectera Henri de Gorkum ne concluait pas; les faits qu'il analysait et qu'il connaissait par la voix publique étaient à Thonneurde Jeanne ; il parlait de sa foi, des signes surnaturels qui l'accréditaient, de son habileté merveilleuse au combat, de sa simplicité après le combat, de sa chasteté, de sa sobriété, de sa continence ; et la neutralité même de cet impartial théologien, qui ne faisait qu'enregistrer les données de la rumeur publique, nous offre un précieux témoignage de la renommée qui s'attachait en Allemagne, môme avant le sacre, à la Pucelle d'Orléans. Quelques semaines après, sous le titre

' Quicherat, III, pp. 411-421. — Ayrolles, La Pucelle devant V Eglise de son temps, pp. 60-68 (Paris, Gaume, 1890).

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