‹ Jeanne d'Arc; drame en cinq actes et en versChapitre 16 sur 76 · ACTE PIŒMIKU. — SCÈNE lil. i · texte numérisé non relu

ACTE PIŒMIKU. — SCÈNE lil. i

RAYMOND

Ainsi, nous n'aurons point à subir l'étranger ! Point d'Anglais ! Et si Dieu vient à nous protéger, Un jour verra tomber toute haine amortie Et refleurir sur nous l'antique dynastie.

JEAiViVE, avec enthousiasme, [elle a pose le casque sur sa tête.)

Qui parle de céder? non, non, non mille fois; Non, point d'usurpateur au trône de nos rois î Amis, j'entends les pas du Sauveur qui s'avance. J'entends sonner au loin l'heure de délivrance. Le jour de la moisson approche... il est venu ! Voici la jeune iille au regard ingénu.

Elle descend du ciel pour braver le superbe; Elle abat son orgueil comme elle fauche l'herbe. Français, des oppresseurs le long règne est fini ! Avant que l'épi mûr sur sa tige ait jauni. Les chevaux des Anglais auront cessé de boire Dans tes flots bien aimés, riche et puissante Loire !

BERTRAND

Hélas! on ne voit plus de miracle en nos jours.

Nous en verrons encor, te dis-je. Les vautours Par qui saignent les flancs de la France qui tombe, Ces vautours auront peur de la blanche colombe. Comme un aigle vengeur, elle s'élancera. Et de ces arrogans elle triomphera.

16 JEA>>'E d'arc.

Salisbury, Talbot, tous fuiront devant elle;

Dieu, le Dieu des combats, la prendra sous son aile;

L'être faible et craintif, de rage frémissant,

Va te glorifier, ô Seigneur tout puissant!

JACQUES

Raymond, quel est l'esprit qui de Jeanne s'empare?

C'est l'acier merveilleux dont sa tête se pare Qui lui donne sans doute une guerrière ardeur, Dont passe la vertu de son front à son cœur.

Ce pays des grandeurs, cette France immortelle Que le Seigneur aima d'un amour si fidèle , Ses destins à ce point pourraient-ils donc changer Qu'elle s'en vînt baiser la main de l'étranger? Où sont donc Saint-Louis, les soldats des croisades? De nos preux chevaliers les fières estocades? Terre qui produisis tant de bras triomphants. Tout courage est-il mort au cœur de tes enfants?

BERTRAND

Écoutez, écoutez sa voix surnaturelle.

A Jeanne, mes amis, le Seigneur se révèle.

JEANNE

Quoi! des tyrans anglais embrasser les genoux! Le Roi fils de nos Rois ne serait plus à nous!

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