ACTE PIIEMIEH. — SCÉ.NE IV
Celui qui, doux aux bons, aux seuls méchants sévère, Rendait le champ fertile et la cité prospère, Celui qui de son trône empreint de majesté Donnait le pain au pauvre, au serf la liberté, Celui qui de tout bien fut la source féconde. Celui qui ne meurt pas disparaîtrait du monde ! Oh non! ne parlez pas d'un roi dont les aïeux N'ont pas laissé leurs os dans nos champs glorieux. Pourrait-il nous aimer, venu d'une autre terre? Serions-nous ses enfants? serait-il notre père?
JACQUES
Ainsi, Jeanne, toujours mes conseils seront vains! De longs recueillements, puis des transports soudains; Un obstiné silence, une ardente parole; Voilà de ton esprit l'exaltation folle!
Veuille Dieu protéger et la France et son Roi ! Mais, c'est aux gens de guerre à batailler. Pour toi, Retourne à tes troupeaux, Jeanne; attends en silence Que le sort des combats donne un maître à la France. Attends en paix celui que Rheims couronnera. Laissons faire Dieu seul : tout pour le mieux sera. Si la flamme atteignant nos toits vient les détruire , Travaillons, et nos mains sauront les reconstruire.
{Ils se retirent, excepté Jeanne.)