‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 37 sur 127 · Religieux de Saint-Denis^ t. V, p · texte numérisé non relu

Religieux de Saint-Denis^ t. V, p

dence se donnent encore aujourd'hui au même lieu. Quelques-uns des compagnons de Pépopée prenaient part à la lutte et les spectateurs se montraient avec respect Xaintrailles et Dunois dont nous parlerons si souvent.

Dans ce tournoi resté légendaire sous le nom de « PEmprise de la Gueule du Dragon )>, dans cette solennité où Ton peut voir Tétat d'âme de la noblesse d'alors, enfîn délivrée de la lutte quotidienne, quel est le premier prix donné à la valeur heureuse, au succès couronnant l'adresse? C'est un cheval, un destrier, que Florigny, le vainqueur, enfourche en saluant Jeanne de Laval, la jeune reine de beauté qui préside au champ clos '.

Faut-il, pour rehausser l'éclat du triomphe, rappeler les autres récompenses? Le second, Ferri de Lorraine, recevait une boîte d'or enrichie de diamants et, ce même jour, une centaine de rubis et de pierres précieuses venaient consoler ceux que les hasards de la lutte n'avaient pas favorisés.

I. Capitaine Picard, Origines de l'école de cavalerie, t. I, p. 67 et suiv.

Le beau destrier, le cheval dont les formes élégantes ne font qu'affirmer la qualité, reste donc à cette époque le présent le plus estimé de ceux que peuvent échanger les princes, le prix le plus envié des luttes chevaleresques.

Ce n'est certainement pas dans cette catégorie que chevaliers, écuyers, hommes d'armes pouvaient espérer se remonter. Il leur fallait en rabattre et, quand le hasard ne leur fournissait pas un cheval au moins possible pour la bataille, ils ne payaient pas beaucoup plus cher que ne le fera Durand Laxart. Nous n'en voulons pour preuve que l'ordonnance du duc de Bourgogne par laquelle le plus mauvais des chevaux d'un homme d'armes devra valoir trente écus '.

Gomme nous le verrons plus loin*, les variations constantes du cours des monnaies ne permettent aucune évaluation de valeur relative. Le poids de l'étalon d'or peut seul nous servir de guide.

Ce sont en effet seize francs d'or que Durand

1. Capitaine Picard, Origines de Vécole de cavalerie, t. I, p. 73.

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