‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 39 sur 127 · I. Procès II, p. 447> déposition de Catherine Le Royer · texte numérisé non relu

I. Procès II, p. 447> déposition de Catherine Le Royer

de Dîeu, pourrait le guérir; les courtisans comptaient que leur maître aigri par la souffrance, prendrait de la bonne humeur en plaisantant la jeune fille ; tous enfin voyaient dans

Sceau de Charles II, duc de Lorraine.

(D'après Vempreinu eomervée au Hu$ée lorrain de Saney.)

la venue de Jeanne quelque chose de nouveau, que la curiosité rendait encore plus piquant.

A cette cour de Lorraine, un tout jeune homme cependant semblait s'élever plus haut.

se demander si le salut de la France n'était pas déjà en route, si son devoir à lui ne l'appelait pas aux côtés de Phéroine : René de Bar, le gendre du duc de Lorraine, ne déguisait guère ses sentiments tout favorables à la cause de Charles VIL II ne rêvait alors que luttes et batailles, et sa très brillante destinée lui permettra de réaliser ses rêves. Nous avons déjà évoqué son souvenir en rappelant plus haut le somptueux tournoi qu'il donna sur ses terres d'Anjou, à Saumur, en i446- Jeune, vaillant, prêt à se dévouer pour les nobles entreprises, ce fut lui sans doute qui demanda la venue de Jeanne à la cour de Lorraine, qui lui servit de guide et de protecteur ; il en fut récompensé, car il eut l'honneur d'être choisi par elle comme le premier de ses compagnons d'armes et ce ne fut pas sa faute si la politique des siens l'empêcha de répondre de suite à cet appel.

René d'Anjou, celui qui est resté si populaire sous le nom du « bon roi René », mérite bien les quelques lignes que nous venons de lui consacrer. Poète, écrivain, peintre, avant tout cavalier, il était passé maître dans le noble art de l'équitation, et son Traictié de la forme et

VAUCOULEURS, Gg

devis (Tung tournoy, illustré de sa main, nous montre quelle place, même en ses rares loisirs, le cheval occupait dans sa vie '.

Ce fut sans doute une distraction pour quelques gentilshommes de Nancy d'aller à la rencontre de Jeanne. On la leur avait déjà décrite maintes fois; ils voulaient juger par eux-mêmes afin de pouvoir les premiers prendre l'importance des gens renseignés, de ceux qui ont vu de leurs propres yeux. Us durent raconter le jour même en quel modeste équipage et peu brillante société ils avaient rejoint la Pucelle.

Jeanne n'a pas encore revêtu le costume qu'on lui prépare ; ce départ précipité a surpris les ouvrières de Vaucouleurs. Il n'avait même pas fallu songer à profiter de ce qui était à moitié terminé, et la jeune fille, en annonçant son prochain retour, s'était bornée à recommander une fois de plus de ne pas perdre de temps.

Elle n'ose toutefois se présenter à la cour dans le costume par trop rustique qu'elle apporta de Domremy. Son nouvel ami, Jean de Metz, trouvera dans la garde-robe de ses ser-

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