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I. Œuvres du roi René, publiées par M. de Quatrebakbes

6o JEANNE d'arc ÉCUYÈRE.

vîteurs les indispensables chaussures, houseaux, culotte qu'elle s'ajustera tant bien que mal, les recouvrant de son meilleur corsage et de sa plus belle jupe avant de monter en croupe derrière Toncle Laxart. AUain les accompagnera et Jean de Metz, jusqu'à Toul, fera aux voyageurs un petit bout de conduite. Les chevaux sont des chevaux d'emprunt; peut^tre Baudricourt qui n'épargne rien pour plaire au duc de Lorraine les a-t-il lui même offerts'.

De Vaucouleurs à Nancy, l'étape n'est pas très longue : cinq lieues de moins que la distance de Domremy à Sermaize; puis la route est belle et le sauf-conduit envoyé par le duc donne pleine sécurité. Aussi, après avoir serré la main du dévoué Jean de Metz, la Pucelle n'a-t-elle plus qu'une préoccupation : comment sera-t-elle reçue à Nancy, comment surtout in-

I. Nous avons adopté la version de Durand Laxart^ d'après laquelle le cheval de Jeanne ne fut acheté et les vêtements terminés qu'au retour de Nancy. Jean de Metz, seul de tous les témoins, dit que Jeanne avait cheval et vêtements avant de partir à la cour de Lorraine. Nous croyons qu'il ne veut parler que des vêtements prêtés, d'après son propre témoignage, par ses serviteurs et d'un cheval également emprunté par Jeanne.

Procès, dépositions de Durand Laxart et de Jean de Metz.

VAUCOULEURS. 6l

spîrera-t-elle confiance, prouvera-tF-elle qu'elle peut accomplir ce qu'elle demande à tenter?

Quelques années auparavant, Jeanne répondait à ses voix : « Je ne suis qu'une pauvre fille qui ne sais ni monter à cheval, ni conduire une

guerre », et voici, par une suprême ironie,

que des lèvres du premier prince qui l'accueille

tombent ces mots de dédain : « Gomment,

tu ne portas jamais d'armes, tu ne fus jamais à cheval ' ! »

Il faut bien croire que Jeanne n'est plus l'humble enfant du Bois-Chenu, car au vieux guerrier qui l'interroge, arrive ferme et drue cette réponse pleine d'aplomb, d'audace, de promesses aussi : ce Quand j'aurai un cheval et un harnachement, aussitôt je monterai ; la verra-on si je ne scais guider". »

Jeanne a-fr-elle déjà, pendant les quelques jours de Vaucouleurs, essayé de monter à cheval comme les hommes d'armes? Se fie-t-elle seulement à l'expérience et à la pratique qu'elle s'est efforcée d'acquérir à Domreray? Peu im-

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