I. Origines de l'École de cavalerie, I, p
des jambes et les éperons se fixent par des courroies sur des souliers que les élégants portent a à la poulaine ». Un chapeau ou bien une toque ornée de plumes sur la tête, des chaînes de métal précieux autour du col, complètent le costume qui, comme le fait remarquer justement M. Siméon Luce, peut s'appeler la petite tenue d'un homme d'armes*
Après tout, c'est simplement l'habit militaire de nos jours, car si au pourpoint vous donner le nom de dolman, aux chausses celui de culotte, si vous substituez les basanes ou la botte à leurs équivalents les houseaux, le képi au chapeau ou à la toque, vous trouverez le cavalier moderne ressemblant de façon singulière au soldat à cheval de la guerre de Cent ans.
Les habitants de Vaucouleurs n'ont, comme nous l'avons dit, manqué ni de conseils ni de modèles, et le costume de Jeanne ne différera guère que par les mesures, de celui de ses compagnons. Son pourpoint ou justaucorps est noir et se relie aux chausses qu'il supporte par de nombreuses aiguillettes. Recouvrant le tout, sans doute par un dernier respect pour le sexe, et en forme de manteau, s'étend une longue
tunique de gros drap gris presque noîr, de laquelle sortent les houseaux collants, maintenus sur les souliers par les courroies des longs éperons'.
Jeanne d'Arc, équipée par les gens de Vaucouleurs, essaie le cheval de Durand Laxart.
^Aquarelle 4e J. Ganter.)
Et certes, Jeanne, qui a fait couper en rond et presque court les tresses de ses cheveux, la tête couverte d'un chapeau noir, devait, en cet
I. Relation du greffier de l'hôtel de ville de La Rochelle, témoin oculaire. Revue historique, IV, 336.
équipage, donner à tous Pimpression d'un solide et vaillant « petit soldat ».
Pour les braves gens qui racclament, c'est déjà la première récompense que de lui voir si bon air; chacun fait remarquer son propre travail, l'admire et le fait admirer en disant très haut : « Regardez notre pourpoint », ou « Voyez comme nos houseaux sont bien ajustés. »
Le cheval, lui aussi, reçoit sa part de louanges, peut-être de critiques. Les uns l'ont conseillé, d'autres l'eussent voulu meilleur. Tel qu'il est cependant, il porte fièrement le harnachement d'occasion que Durand Laxart et AUain ont pu se procurer. Il trouve sévère le mors à longues branches qui torture sa bouche et auquel, s'il faut en croire la tradition, il n'était point habitué quand il traînait la charrue dans les champs de Montigny'.
La selle qu'une solide croupière empêche de glisser est un peu lourde, non pas selle de bataille avec le pommeau et le troussequin de hauteur égale, mais selle de voyage qui tient le milieu entre le bât et le harnais de guerre.