I. Marquis de Pimodan, /. c
DE VAUCOULEURS A CHLNON. 8l
doute, s'assure de reconnaître les sentiers déjà cependant fréquemment suivis. Poulangy monte aussi un vrai cheval de soldat. Gomme Jean de Metz, il bataille depuis son enfance, et si, de noblesse certaine', il a consenti à marcher en sous-ordre, c'est qu'il croit au devoir, c'est quïl rend hommage à la valeur de son jeune camarade.
Le messager du roi, Collet de Vienne, n'a certes pas laissé à Vaucouleurs sa rapide monture. Habitué aux relais, aux changements fréquents, il n'en conserve pas moins son cheval préféré pour les grands parcours. Le messager du XV* siècle, ou plutôt celui qui porte ce titre dans toute la période du moyen âge, est par excellence l'homme de la vitesse.
Pour un courrier le meilleur cheval est celui qui, dans le moins de temps, abat le plus de lieues sans trop fatiguer son cavalier. Collet monte un ambleur ou un bidet de pas relevé.
Son cheval est plus léger que ceux des hommes d'armes : il n'en fera pas moins aisément la
I. SiMÉON LuGE^ /. c, p. i43^ pièce XGV. Voir aussi Chapoy> /. c, note, p. i38.
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route, et s'étonnera plutôt de la très lente allure, habitué qu'il est à dévorer les distances.
Richard est un archer, probablement un « archer à cheval » ; mais suivant la coutume, il combattra à pied'. Si en effet Charles VII donne plus tard (compagnies d'ordonnances) deux archers montés à chaque lance, si Louis XI fait des archers les a estradiots », nos premiers cavaliers légers, ils sont au commencement du XV* siècle surtout des soldats de pied. Richard, (( le dragon de l'époque », monte donc un cheval fort, plutôt lourd, très calme, qui en toute circonstance lui permettra d'utiliser son arme.
A la fin de la colonne, les deux servants, nous dirions aujourd'hui les deux ordonnances, suivent, comme ils peuvent, sur des chevaux suffisants sans doute, mais bien inférieurs à ceux de leurs maîtres. Ce sont d'anciens chevaux de guerre, que les fatigues ont quelque peu déshonorés, dont cependant la vigueur et la résistance sont restées presque intactes. Au
I. Paul Lacroix^ Vie militaire et religieuse au moyen âge. Général Susane, Histoire de la cavalerie française, t. II. Cf. aussi capitaine Picard, Origines de l'école de cavalerie.
besoin ils porteraient encore des hommes d'armes; pour le moment ils font la route, surchargés dans leurs paquetages, allégeant les camarades, qui, à leur tour, sont appelés à l'honneur.
Nous ne pouvons admettre que des hommes expérimentés soient ainsi partis pour une longue expédition, en pays ennemi, sans se faire accompagner de chevaux de main, de chevaux destinés à suppléer une ou plusieurs des indispensables montures. Personne n'a encore agité la question; mais peut-on supposer un chef aussi avisé que Jean de Metz, un soldat comme lui qui ne laisse rien au hasard, s'aventurant à la grâce de Dieu, à la merci du plus léger accident, d'un cheval malade ou boiteux, compromettant son audacieuse tentative par l'oubli de précautions élémentaires?
Non! à la rigueur ni lui ni Poulangy n'ont besoin de servants. En cette rude époque le métier d'hommes d'armes avait des exigences auxquelles les plus grands seigneurs savaient se soumettre'. La sécurité réclamait le plus