Procès, interrogatoires
Ï20 JEANNE d'arc ÉCUYÈRE.
Jeanne jette un long regard sur cette foule quî Pentoure. Plus que jamais confiante en Pavenir, considérant ces hommes, ces chevaux, ces armes, elle se dit : (c Ils sont miens dès maintenant. Je redorerai ces blasons, je remplacerai ces armes, je donnerai à ces coursiers des rations d'abondance— »
Elle ne se doutait pas combien était difficile à franchir la simple porte qui la séparait encore du roi. Pénibles lui sembleront les trop longues heures d'attente, n'osant guère sortir, espérant de minute en minute la visite du messager royal. Sa seule distraction sera d'étudier le vaet-vient des hommes d'armes, de remarquer leurs usages, de s'instruire en un mot, par avance, sur la vie qui sera sienne.
« Est-ce pas là la Pucelle ? » s'écrie l'un des soudards, accompagnant l'injure d'un blasphème. Il passait à cheval. « Ho, dit-elle, en nom Dieu, tu le renies et tu es si près de la mort ! » Prophétie, assurément, puisque le soir même l'homme se noyait dans la Vienne'. Il nous plaît cependant de signaler dans la bouche