Ibid., L c
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pas, car on la laissera choisir ses compagnons, ses chevaux et ses armes '.
Ses compagnons nous sont connus pour la plupart. En tête viendront ceux de la première heure : Jean de Metz et Bertrand de Poulangy. D'Aulon sera son intendant. Le « gracieux et bien gentil homme » Loys de Contes, adolescent de quatorze ans, et son camarade Raymond lui serviront de pages. Jean et Pierre d'Arc se sont empressés de rejoindre leur sœur au premier bruit du bon accueil qu'elle a reçu à Chinon. Avec deux hérauts et le moine Pasquerel, avec aussi les servants nécessaires, ils compléteront la suite de l'héroïne.
Plus délicat sera le choix des chevaux. Ils proviennent certainement des écuries royales et vraiment Charles VII peut se montrer généreux, lui qui va passer dans l'attente des événements les jours que d'autres vont vivre au milieu des dangers.
Jeanne doit donner son avis. Elle possède maintenant une certaine expérience hippique,
I . Pour la composition de la maison militaire de Jeanne^ voir Procès, Dépositions de Jean d'Aulon, Loys de Contes, frère Pasquerel et autres... Cf. aussi Chapoy, /. c, p. 248.
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elle sait le cheval qui lui convient. Sa taille gracile d'adolescente, son poids très léger comparé à celui des hommes d'armes lui feront écarter les trop grands et trop lourds destriers qui sont cependant, à bon droit, les plus prisés autour d'elle. Elle choisira, dans les limites qui lui sont permises, ceux-là de taille moyenne qui par leur apparence légère semblent promettre des allures, de la vitesse, de la facilité de conduite.
Ils tiendront le milieu entre le destrier, le palefroi et la haquenée. Remarquons en passant que ces dénominations n'ont eu, au moyen âge, rien d'absolu, pas plus du reste que de nos jours la qualification de cheval d'armes, de hack, de hunter, de steeple-chaser. Le modèle et le cœur entrent en ligne de compte ; mais l'emploi, plus souvent que l'origine, perniet telle ou telle appellation. Les chevaux du XV® siècle pouvaient successivement devenir chevaux de bataille ou chevaux de route, destriers ou haquenées. La différence, à cette époque comme aujourd'hui, ne pouvait s'affirmer que par l'usage, la nature n'ayant jamais nettement dans les individus ni dans les races mar^ que la limite des aptitudes.
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Jeanne se sert peu des expressions de destrier, palefroi, haquenée, ambleur, bidet. Elle parle plus volontiers de coursier, de demicoursier, de trottier'. Ces noms plaisent avec leur sens plus évident et plus moderne. Le coursier pour elle est le cheval d'armes, de bataille, qui réunit toutes les qualités ; le demicoursier est le cheval à deux fins, pour le combat et pour la route. Le trottier est le cheval de voyage.
Elle dira plus tard qu'à Gompiègne elle bataillait sur un « demi-coursier* » et cependant alors aucune monture ne pouvait lui être refusée. Nous en concluons qu'elle préférait le cheval léger, puisque le nom de « coursier », synonyme de celui de « destrier », paraît avoir été réservé au noble animal qui au cœur et au fonds réunissait la taille et l'ampleur des formes.
Le cheval du duc d'Alençon formait déjà, unique spécimen, le noyau de l'écurie. Combien la générosité de Charles VII lui donna-t-elle de
1. Procès, premier interrogatoire secret; minute française, J. Fabre^ p. l32.